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Mobilisation du 26 septembre : voici les 3 raisons pour lesquelles les agriculteurs veulent bloquer la France

Les agriculteurs annoncent que leur secteur risque une perte annuelle de plus de 860 millions d'euros à cause de l'instauration des droits de douane américaine. [©Abdul SABOOR/REUTERS]

Ce vendredi 26 septembre, le syndicat des agriculteurs appelé FNSEA soutient une grève massive du secteur sur l'ensemble du territoire français. L'objectif : contester certaines décisions gouvernementales jugées inacceptables pour la profession. Voici les trois raisons principales derrière ce mouvement.

Un nouveau mouvement de contestation. Les agriculteurs, derrière la FNSEA, Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles, veulent se faire entendre. Réponse au Mercosur, rejet des nouveaux accords en matière de droits de douane, contestation des normes européennes... Les combats menés par les agriculteurs sont nombreux.

La FNSEA ne tardera pas à se faire entendre, auprès du nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu. Si quelques actions sont déjà prévues ce jeudi, dès ce vendredi 26 septembre, elle appelle à un mouvement massif pour inciter le gouvernement à définir définitivement «une vision et un cap pour apporter des réponses à une agriculture travaillée par le doute, en nous donnant les capacités d’entreprendre», comme l'explique le président du syndicat au JDD, Arnaud Rousseau.

Les raisons citées par le porte-parole du syndicat sont notamment : «le Mercosur, les taxes imposées par Donald Trump et le flot des importations internationales qui ne respectent pas les normes qui sont les nôtres».

Pourquoi le Mercosur représente-t-il une menace ?

Le 3 septembre 2025, la Commission européenne a en effet validé un accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur qui veut créer la plus grande zone de libre-échange au monde, couvrant un marché de quelque 700 millions de consommateurs. La signature de cet accord permet de se débarrasser, notamment, de 91% des droits de douane anciennement demandés par les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Bolivie).

Les agriculteurs ne veulent pas rester stoïques, sans anticiper un phénomène de croissance des importations en provenance de ces pays où les normes (environnementales, sanitaires et de bien-être animal) sont bien différentes. Une concurrence jugée déloyale, à leurs dépens. Selon le site Touteleurope.eu, les importations de bœuf en provenance de l'Amérique du Sud pourraient exploser, la part du Mercosur passant de 13% sur la viande rouge à 26%.

Les droits de douane imposés par les États-Unis au cœur de certaines craintes

Mais ce n'est pas tout : les agriculteurs ont également peur des conséquences de l'instauration des droits de douane imposées par Donald Trump à la France. Cette nouveauté, active depuis le 7 août 2025, devrait représenter au total plus de 860 millions d'euros de perte au secteur par an. En effet, ces 15% de taxes douanières américaines convenues par Ursula von der Leyen et Donald Trump vont avoir pour effet de limiter les exportations européennes en direction des États-Unis.

Or, la France a expédié, en 2024, 5,78 milliards d'euros de produits agricoles et agroalimentaires. Le marché américain est donc l'un des plus importants pour les agriculteurs français, à l'étranger, notamment dans le secteur du vin, où les chiffres français avaient progressé de 3,1% en 2024, par rapport à l'année précédente.

Enfin, la main d'œuvre française ne cache pas sa lassitude quant à une forme de surtransposition des normes européennes sur le territoire français. Cette inflation normative concerne particulièrement l'utilisation de produits chimiques comme les pesticides, au sujet desquels les interdictions ne cessent de se multiplier sur l'Hexagone. Le député Eric Michoux (UDR) avait même proposé une loi, le 2 octobre 2024, visant à supprimer la surtransposition des normes européennes en droit français dans le domaine agricole.

Les analystes constatent également que contrairement au début des années 2010, la France n'opère plus aux interdictions de pesticides (comme pour les néonicotinoïdes ou le diméthoate) mais se contente d'appliquer les règles européennes.

Les agriculteurs se plaignent aussi du fait qu'en France et dans l'Union européenne, seulement 383 substances actives sont autorisées par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) et 283 peuvent être commercialisées. Cette limitation des produits chimiques est souvent considérée comme une menace à la production et à la compétitivité française par les agriculteurs.

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