A l'approche de la journée de mobilisation du 18 septembre, le ministère de l'Intérieur a transmis des consignes aux préfets pour éviter les débordements.
A en croire les estimations des autorités, plus de 400.000 personnes pourraient manifester ce jeudi 18 septembre, dans le cadre de l'appel à la grève lancé par les organisations syndicales. Soit le double de la mobilisation enregistrée le 10 septembre. Craignant des débordements, Bruno Retailleau a transmis ses consignes aux préfets.
Dans un télégramme, le ministre de l'Intérieur leur demande «de garantir la liberté fondamentale de manifester tout en assurant l'ordre et la tranquillité publics», notamment en entrant en lien avec les syndicats avant les manifestations, pour s'assurer qu'elles se dérouleront dans les règles.
Bruno Retailleau identifie des «risques de troubles à l'ordre public importants» et met en garde contre «la présence de groupuscules d'ultragauche» qui, selon lui, «essaieront d'infiltrer les cortèges officiels».
Les forces de sécurité sont donc invitées à mettre en place les moyens nécessaires pour «détecter, intercepter et fouiller les individus pouvant être suspectés de comportements violents», afin de «les tenir à l'écart des manifestants».
Une vigilance accrue dès la nuit précédente
Les auteurs de dégradation sur les bâtiments publics seront systématiquement interpellés et toute tentative de blocage «des infrastructures essentielles à la vie de la Nation» devra être empêchée. Ces instructions s'appliquent aussi aux établissements d'enseignement universitaires ou secondaires.
Si le niveau de menace le justifie, Bruno Retailleau recommande par ailleurs de prévoir une «sécurisation statique» des institutions de la République, «telles que les assemblées parlementaires et les sièges du pouvoir exécutif ou de l'autorité judiciaire».
Une attention particulière doit également être accordée à tous les équipements publics susceptibles d'être perçus comme des symboles du capitalisme. Le télégramme cite notamment les radars routiers ou certains sites sensibles. Ces derniers devront d'ailleurs faire l'objet d'une vigilance accrue dès la nuit du 17 au 18, afin d'éviter «les sabotages, les dégradations et les éventuels blocages».
80.000 policiers et gendarmes déployés
Tous les «moyens humains et matériels nécessaires à la gestion de cette crise» doivent être mobilisés et les forces de l'ordre devront adopter une «posture de réactivité et de mobilité [...] pour garantir le plein respect de ces instructions», ajoute encore le ministre de l'Intérieur.
Lundi, Bruno Retailleau a présidé une réunion de travail en prévision de cette journée d'action du 18 septembre, à laquelle les préfets ont participé ainsi que les responsables des forces de l'ordre.
Certains participants ont affirmé auprès de l'AFP que le dispositif de sécurité déployé sera du même ordre que celui mis en place le 10 septembre, soit environ 80.000 policiers et gendarmes accompagnés du déploiement des engins blindés Centaure de la gendarmerie et de canons à eau.