Selon une étude de la Caisse des dépôts, publiée ce mardi 16 septembre, entre 2014 et 2020, la part des femmes dans les conseils municipaux a augmenté de 2,3 points. Une parité de plus en plus présente même si certaines disparités persistent encore.
La tendance se confirmera-t-elle lors des élections municipales de 2026 ? Le nombre de femmes élues dans un conseil municipal a progressé entre 2014 et 2020, selon une étude de la Caisse des dépôts publiée ce mardi. En avril 2021, la France comptait au total 505.700 élus municipaux, dont 41,5% de femmes pour le mandat actuel (2020-2026), soit une augmentation de 2,3 points par rapport au précédent mandat (2014-2020).
Selon la direction des politiques sociales de la Caisse des dépôts, ce chiffre résulte d’un croisement entre les données du Répertoire national des élus (RNE) et celles de l’Ircantec, la caisse de retraite complémentaire des agents publics contractuels.
Une nouvelle génération de femmes
L’un des principaux moteurs de l’augmentation de la parité des femmes dans les instances municipales françaises est le renouvellement des générations d’élus. Cette féminisation constatée en 2020 «doit beaucoup au remplacement progressif des générations plus anciennes, où la part des femmes était relativement faible, par des élus de nouvelle génération», indique l’étude.
Les femmes élues en 2020 sont dans l’ensemble plus jeunes que les hommes (49,9 ans contre 52,2), notamment parce que les hommes s’investissent davantage en fin de carrière et à la retraite. Par ailleurs, le taux de renouvellement est plus élevé chez les femmes. 63,5% des élues municipales de 2020 sont nouvelles, contre 50,7 % chez leurs collègues masculins.
Autre facteur, le renforcement des obligations de parité. Jusqu’à maintenant, seules les communes de plus de 1.000 habitants étaient concernées par l’obligation de parité. Dans ces villes, les femmes représentent 48,4% des élus, contre seulement 37,6% dans les communes les plus petites. Depuis le 21 mai 2025, cette loi s’appliquera également aux localités de moins de 1.000 habitants pour les élections municipales de 2026, ce qui pourrait accélérer encore la proportion des femmes dans les conseils municipaux.
Un plafond de verre persiste
L’étude relève aussi des spécificités régionales, avec une part de femmes plus élevée dans les conseils municipaux d’Île-de-France, de Bretagne, Centre-Val-de-Loire, Nouvelle-Aquitaine, ainsi que dans la Vallée du Rhône et sur une grande partie du littoral méditerranéen, ce qui s’explique en partie par la forte présence de communes de plus de 1.000 habitants.
Mais si la parité progresse globalement, elle n’est pas pour autant parfaite. Les postes à responsabilités restent majoritairement occupés par des hommes. Les femmes ne représentent que 17,5% des maires et 36,4% des adjoints. En revanche, elles constituent 40,9% des postes de conseillers municipaux indemnisés et 45,8% pour les conseillers non indemnisés.
«La probabilité d’accéder à un mandat de maire ou d’adjoint augmente avec votre ancienneté en tant qu’élu indemnisé» précise l’économiste Laurent Soulat, co-auteur de l’étude, auprès de l’AFP. Or les femmes, de manière générale, ont une moindre expérience que les hommes dans des fonctions d’élu indemnisé, ce qui diminue donc leurs chances de devenir maires.