Entre 800 et 1.000 personnes sont attendues samedi pour une «Manif du futur» autour de Bure (Meuse), où un projet d'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux est vivement contesté par des écologistes et associations locales.
La présence d'éléments radicaux, parfois venus de l’étranger, inquiète les autorités locales. Dans un communiqué relayé jeudi, la préfecture de la Meuse a assuré que «800 à 1.000 personnes sont attendues» samedi pour une «Manif du futur» autour de Bure (Meuse), où un projet d'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux est vivement contesté.
Une déambulation pédestre sur un itinéraire de 7 kilomètres démarrera à 14h. Le parcours a été validé par la préfecture, mais celle-ci a décrété des «zones d'exclusion» interdites aux manifestants, notamment les abords du laboratoire de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) à Bure. Des transferts en bus sont organisés depuis l'Alsace, Paris, Lyon, Nantes et même la Suisse.
Les Écologistes rejoignent l’appel des https://t.co/Zr2xsXn4Zu anti-nucléaires contre le projet d’enfouissement nucléaire Cigéo à Bure 🌻
Rendez-vous à Mandres-en-Barrois le samedi 20 septembre à 14h pour la Manif’ du Futur. pic.twitter.com/zEJwaKc8Yl— Les Écologistes - EELV (@EELV) September 19, 2025
Durant la déambulation, des messages seront envoyés «aux générations futures dans des capsules temporelles», ont indiqué les organisateurs.
Selon les militants, «l'inquiétude grandit» en Meuse face à des risques de «déforestation, chantier hors norme, contamination et raréfaction de la ressource en eau», d'«installations nucléaires de base géantes» ou encore de «convois de déchets atomiques» circulant sous les fenêtres des habitants.
«Nombre de manifestants radicalisés viendront de loin»
Face aux risques de débordements, le préfet de la Meuse, Xavier Delarue, a pris un arrêté interdisant le transport de carburant, de matériaux de construction, de matériel de sonorisation, ou d'accessoire destiné à dissimuler le visage.
«Nombre de manifestants radicalisés viendront de loin, et même de certains pays voisins. À l'évidence, les organisateurs locaux n'ont pas la main», a affirmé ce dernier dans les colonnes de L'Est Républicain ce vendredi.
En Meuse, une procédure d'expropriation est toujours en cours. L'Andra doit encore acquérir 13 hectares sur les 665 nécessaires, ainsi que 65 hectares de tréfonds pour les installations souterraines. Les militants installés dans l'ancienne gare de Luméville, haut lieu de la lutte contre le projet, sont expulsables à partir du 11 octobre, selon eux.
Un projet à «37 milliards d’euros», selon Mathilde Panot
La présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a annoncé jeudi sa participation à la manifestation en compagnie de «plusieurs parlementaires».
Samedi, je serai à la Manif du Futur à Bure @cedra_collectif pour lutter contre le projet d'enfouissement des déchets radioactifs, donc le coût s'élèverait à 37 milliards d'euros.
Ce sera aussi l'occasion de célébrer la relaxe des militants qui ont subi 8 années de procédures… pic.twitter.com/mxZVV5ZKVK— Mathilde Panot (@MathildePanot) September 16, 2025
«La mobilisation sera évidemment déterminante puisque le gouvernement veut commencer des travaux en 2027» mais aussi parce que «Lecornu à Matignon est un pro-nucléaire connu qui lui-même s'est occupé du dossier de Bure», a estimé l’élue.
Elle a également souligné la nécessité de «lutter contre le projet d'enfouissement des déchets radioactifs, donc le coût s'élèverait à 37 milliards d'euros».
Le projet Cigéo, lancé en 1991 et contesté depuis des décennies, prévoit l'enfouissement à Bure à partir de 2050 des déchets nucléaires les plus dangereux pour des centaines de milliers d'années.
Après l'achèvement en juillet des expertises techniques nécessaires, d'autres étapes sont attendues avant le décret autorisant formellement la création de Cigéo et donc les travaux, annoncés pour fin 2027-début 2028.