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Moselle : 700 personnes défilent à Bure contre un projet d'enfouissement de déchets nucléaires

200 militants black bloc s'en sont pris aux forces de l'ordre. [Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP]

Plusieurs centaines de personnes ont défilé ce samedi 20 septembre à Bure en Moselle contre le projet Cigéo d'enfouissement de déchets nucléaires hautement radioactifs.

La colère gronde dans la région. Une manifestation a eu lieu ce samedi 20 septembre à Bure en Moselle. Les manifestants étaient présents pour s’opposer au projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires hautement radioactifs.

Comme toujours, le nombre de participations varie d’une source à l’autre. Ainsi, selon la préfecture de la Meuse, 700 personnes ont défilé contre 2.000 selon les organisateurs de la manifestation.

En plus des 700 participants au cortège autorisé, la préfecture a dénombré quelque 200 militants black bloc, vêtus de noir et le visage dissimulé. Ceux-ci ont progressé sur une route différente de celle du cortège autorisé, a constaté l'AFP. Certains ont lancé des projectiles en direction des gendarmes, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.

En amont de la manifestation, le préfet de la Meuse, Xavier Delarue, avait fait part de ses craintes de débordements, notamment du fait de la présence de radicaux. Durant des contrôles, des «armes et matériels dangereux» ont été saisis, comme des sprays au poivre et des sabres japonais.

Des saisies qui ont fait réagir le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui a déclaré sur X : «Aucune cause ne peut excuser l’utilisation d’armes dans une manifestation. Soutien aux Gendarmes mobilisés».

Des élus de gauche présents

Le parcours de sept kilomètres de cette «manif du futur» avait été validé par la préfecture, qui avait toutefois décrété des «zone d'exclusion» interdites aux manifestants, notamment les abords du laboratoire de l'Andra. Ce dernier est resté relativement calme.

Dans le cortège principal, les banderoles et bannières portaient l'effigie du réseau Sortir du nucléaire, de La France insoumise, d'Europe écologie les Verts, du Nouveau parti anticapitaliste, ou encore de la Confédération paysanne ou du syndicat Solidaires.

En effet, plusieurs élus étaient présents dans le cortège, notamment la cheffe de file des insoumis, Mathilde Panot et la députée écologiste Sandrine Rousseau.

L'Etat veut «nous imposer un projet destructeur et dangereux» qui engendre aussi «l'accaparement de terres et de forêts par l'Andra» sur lesquelles «on pourrait installer des paysans», a déploré un représentant de la Confédération paysanne lors d'une conférence de presse, avant le départ du cortège.

Cette lutte «est vitale et nécessaire pour préserver notre environnement et la population», a souligné de son côté Pauline Goyer, de Greenpeace.

Certains manifestants étaient venus d'Allemagne et d'Italie, et des autocars avaient été spécialement affrétés depuis l'Alsace, Paris, Lyon, Nantes ou la Suisse.

Un projet vieux de 34 ans

Le projet Cigéo, lancé en 1991 et contesté depuis des décennies, prévoit l'enfouissement à Bure à partir de 2050 des déchets nucléaires les plus dangereux pour des centaines de milliers d'années.

Après l'achèvement en juillet des expertises techniques nécessaires, d'autres étapes sont attendues avant le décret autorisant formellement la création de Cigéo et donc les travaux, annoncés pour fin 2027-début 2028.

En Meuse, une procédure d'expropriation est toujours en cours. L'Andra doit encore acquérir 13 hectares sur les 665 nécessaires, ainsi que 65 ha de tréfonds pour les installations souterraines. Les militants installés dans l'ancienne gare de Luméville, haut lieu de la lutte contre le projet, sont expulsables à partir du 11 octobre, selon eux.

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