Les Journées du Patrimoine qui se déroulent ce week-end, sont de nouveau l'occasion de s'intéresser à des lieux insolites, en remontant le temps. Parmi eux, figurent sans aucun doute le célèbre Orient Express, qui stationne actuellement en gare d'Austerlitz à Paris. Nous avons pu visiter ce train, avec les anecdotes de la conférencière, Lauranne Corneau.
On vous emmène dans nos bagages, direction l'«Orient». À l'occasion des Journées du Patrimoine, ces 20 et 21 septembre, le plus célèbre train du monde, l'Orient Express, a actionné le frein pour rester stationner à la voie 20 de la gare d'Austerlitz à Paris.
À l'image des visiteurs de ce week-end, la conférencière Lauranne Corneau nous a accueillis, pour un voyage de 45 min, à travers la fin du XIXe siècle. C'est en effet à cette époque, que l'ingénieur Georges Nagelmakers a imaginé le projet de création d'un train luxueux. Ce dernier souhaitait pouvoir relier l'Orient à Paris à travers le seul emprunt d'un train à couchages. Ce projet a ainsi vu le jour en 1883 en collaboration avec la société CIWL (Compagnie Internationale des Wagons-Lits), et grâce à l'aide financière du roi Léopold II.
Le succès a été immédiat : de nombreuses personnalités de l'époque se bousculaient pour effectuer un voyage à bord du train. «Ferdinand Ier de Bulgarie, Mata Harry, Joséphine Baker, Coco Chanel, Picasso, Cocteau... Toutes ces personnes extrêmement connues dans les années 1920» sont montées à bord de l'Orient Express, raconte la conférencière, Lauranne Corneau.

Assise sur les épais fauteuils bordeaux, l'audience se met, le temps d'un instant, dans la peau de ces voyageurs reconnus. Ces assises, ainsi que la moquette qui jonche le sol des voitures, font d'ailleurs intégralement partie de la nouvelle version de l'Orient Express, inspirée de l'Art Nouveau, pendant sa rénovation dans les années 20. En effet, à la base, les voitures étaient constituées de bois en teck, avant d'être remplacées, pour la plupart, par du métal à la livrée bleue nuit et au liseré or, dès les années 20.
En y regardant de plus près, on peut également y noter des détails qui y démontrent le luxe du lieu : les décorations du maître verrier René Lalique, les sonnettes situées à côté des sièges, permettant d'appeler les serveurs, ou encore, les bordures en bois ornant les tables, afin d'empêcher que la vaisselle ne se renverse.

Inspiration de «Crime dans l‘Orient Express»
De part sa singularité, l'Orient Express a été la muse de bien des œuvres littéraires. À l'image de «Onze milles verges» de Guillaume Apollinaire, «Bons Baisers de Russie» du créateur de James Bond, Ian Fleming, ou encore, et pas des moindres : de «Crime dans l‘Orient Express» d’Agatha Christie. La romancière britannique a d'ailleurs voyagé dans le train de luxe une soixantaine de fois.
Dans le détail, Agatha Christie s'est inspirée d'un fait divers qui a eu lieu au début des années 30. Elle «entend parler d'un événement tragique qui a vraiment eu lieu, en hiver 1929-1930. On est à 130 km d'Istanbul. Il fait très très froid et il neige. Agatha Christie va s'inspirer de cela, mais avec quelques écarts par rapport à la réalité. Cette tempête de neige va bloquer le train en pleine nature, pendant cinq jours. Ça a été très long et ils ont été sauvés, personne n'est mort de faim, de froid, tout s'est bien passé. Mais surtout, aucune personne ne s'est plainte. Il n'y a vraiment eu que des éloges pour les conducteurs qui ont vraiment tout fait pour maintenir un degré de confort et de luxe à bord malgré ces conditions», raconte la conférencière.
Un évènement qui affiche déjà complet
Durant la visite, il est possible de se balader à travers les wagons, qui contiennent tous des spécificités. Le wagon-bar, par exemple, intitulé le «train bleu», dispose d'un piano. Ce dernier a d'ailleurs inspiré le restaurant Le Train Bleu, installé à gare de Lyon.
Autre détail surprenant, l'Orient Express, a inspiré une collection d’hôtels, de voiliers et de trains couchettes luxueux, proposant des voyages, un peu partout autour du monde. Dès 3.000 € la nuit, il est ainsi possible de dormir dans le luxe moderne d'un train couchette, inspiré de l'Orient Express.
Quelques chanceux auront donc la chance de parcourir, ce week-end, les couloirs de l'Orient Express originel à Paris. En vente depuis début septembre, les visites affichent déjà complètes.