Le Syndicat national des agents publics de l'Education nationale (Snapen) a déposé plainte contre Sébastien Lecornu, l'accusant de se prévaloir d'un master 2 de droit public sans avoir validé sa deuxième année de diplôme, ce que conteste le Premier ministre qui annonce porter plainte à son tour.
Un diplôme au cœur des débats. Accusé de se prévaloir d'un master de droit public sans avoir validé sa deuxième année au sein de l'université Panthéon-Assas, le Premier ministre Sébastien Lecornu est visé par une plainte déposée par le Syndicat national des agents publics de l'Education nationale.
La plainte a été adressée à la commission des requêtes de la Cour de justice de la République, a annoncé lundi l'avocat du syndicat, Maître Vincent Brengarth, alors que le Premier ministre a également annoncé qu'il déposait plainte.
Le Premier ministre «conteste vigoureusement l'accusation dont il fait l'objet», déplore «cette polémique artificielle» et annonce porter plainte contre le Snapen «pour dénonciation calomnieuse», a fait savoir son entourage.
Une présentation différente sur les réseaux
Sébastien Lecornu est ici accusé de ne pas avoir le diplôme de master, qui s'obtient en deux ans, contrairement à ce qu'affirmaient des portraits publiés depuis 2016, sa page sur le site du ministère des Armées lorsqu'il était encore à ce poste, sa page sur le réseau social LinkedIn ou encore sa présentation lors d'une conférence universitaire.
Dans la plainte, le syndicat reproche au ministre d'avoir voulu «faire croire qu'il était titulaire d'un master de droit public» et «utilisait en connaissance de cause un diplôme dont il n'était pas titulaire».
Sur son site officiel, Sébastien Lecornu mentionne aujourd'hui simplement des «études de droit à l'université Paris 2 Panthéon Assas», sans précision. Sur LinkedIn, à la rubrique formation, il indique «Master, droit public général, 2005-2008», à Panthéon-Assas Université.
Un diplôme touché par la réforme des années 2000
Une réforme a eu lieu en France dans les années 2000 pour s'adapter aux critères européens (bachelier, master, doctorat), en supprimant notamment la maîtrise (Bac +4) et le DEA ou DESS (Bac+5). Ainsi les niveaux Maîtrise, DEA et DESS ont fusionné pour donner naissance aux Masters 1 & 2, après la licence.
«Aucun diplôme n'est requis pour être membre d'un gouvernement et le fait de ne pas avoir obtenu de master 2 n'est pas un signe d'incompétence», a souligné Maître Vincent Brengarth.