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80 ans de la Sécurité sociale : 10 chiffres pour tout savoir sur ce système que le monde nous envie

Les frais liés à la santé et à la vieillesse représentent 83% des dépenses de la Sécurité sociale. [DENIS CHARLET / AFP]

La Sécurité sociale fête ses 80 ans en 2025. Créée en 1945, elle bénéficie aujourd'hui à la quasi-totalité des Français et les protège des aléas de la vie.

Considérée comme l'un des piliers du modèle républicain français, la Sécurité sociale fête ses 80 ans. Héritage du Conseil national de la résistance, elle a été créée par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 et, des décennies plus tard, a permis d'immenses progrès dans la protection contre les risques de la vie.

68 millions de bénéficiaires

Au total, 68 millions de personnes vivant en France bénéficient de la protection universelle maladie. Dans le détail, 20 millions de personnes sont assurées contre les accidents du travail, 17 millions de retraités sont affiliés aux différentes caisses de retraite, et 13 millions de personnes reçoivent une prestation des Caisses d’allocations familiales. 

666,4 milliards d'euros de dépenses en 2025

Selon la dernière loi de financement adoptée par le Parlement le 17 février dernier, les régimes obligatoires de la Sécurité sociale représentent cette année 666,4 milliards d’euros de dépenses. Soit une hausse de 3,4% par rapport à l'année précédente.

83% des dépenses liées à la santé et à la vieillesse

La grande majorité des interventions de la Sécurité sociale concerne ses branches maladie et vieillesse, puisqu'elles représentent 83% de ses dépenses.

Elles expliquent d'ailleurs l'essentiel du déficit prévu pour 2025 par la commission des comptes, à 21,9 milliards d'euros, soit 0,7% du PIB.

1,2 actif pour un retraité

Alors qu'en 1950 on comptait cinq actifs pour un retraité en France, le vieillissement de la population a petit à petit grandement réduit cet écart, à 1,2 pour un aujourd'hui.

Une donnée loin d'être anodine pour l'équilibre du système de protection sociale puisque, comme le note Eric Chenut, président de la Mutualité de France, dans un livre publié à l'occasion des 80 ans de la Sécurité sociale, «les dépenses de santé moyennes d’une personne de quatre-vingts à quatre-vingt-cinq ans sont plus de quatre fois supérieures à celles d'une personne entre trente et cinquante ans».

Un reste à charge moyen annuel de 274 euros

Après intervention de l'Assurance maladie et de l'assurance complémentaire, les assurés sociaux français ne paient en moyenne que 7,5% de leurs dépenses de santé, soit 274 euros par an.

Il s'agit du reste à charge le plus faible d'Europe, en dehors de celui observé au Luxembourg et en Croatie. Le ministère de la Santé souligne toutefois qu'il peut fortement varier en fonction des situations : pour les patients en affection longue durée, il s'élève notamment à 840 euros.

83,1 ans d'espérance de vie en moyenne

D'après les chiffres de l'Institut national d'études démographiques (Ined), la France affichait une espérance de vie de 83,1 ans en 2023. Elle se classe ainsi au sixième rang européen, derrière l’Espagne (84 ans), l’Italie ou la Suède, mais devant la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, ou l’Allemagne (81,2 ans).

L'Hexagone se place sensiblement au même rang européen concernant l'espérance de vie sans incapacité à 65 ans. Le genre fait une légère différence à ce niveau, avec 10,5 ans pour les hommes et 12 ans pour les femmes en 2023.

Le taux de mortalité infantile à 4,1 %

C'est un indicateur de santé publique jugé préoccupant depuis quelques années : le taux de mortalité infantile se dégrade en France et a même dépassé la moyenne de l'Union européenne depuis 2015, d'après l'Insee.

Un enfant sur 250 meurt avant son premier anniversaire, soit 2.700 en 2024. Cette année-là, un quart de ces décès ont eu lieu dès le jour de la naissance. De 2011 à 2024, le taux de mortalité infantile est passé de 3,5 % (pour mille naissances) à 4,1 %.

Le taux de pauvreté des retraités à 10% en 2022

La retraite est l'une des cinq branches de la Sécurité sociale et, selon les chiffres du Conseil d'orientation des retraites (COR), les retraités français avaient en moyenne un niveau de vie «quasiment équivalent» à celui de l'ensemble de la population en 2022, mais inférieur à celui des seuls actifs.

Le COR a étudié la situation de 11 pays et, sur ce point-là, seuls l'Italie et l'Espagne font mieux. En 2022, les personnes retraitées étaient sous-représentées parmi les 20 % des Français ayant le niveau de vie le plus bas. Le taux de pauvreté des retraités était ainsi plus faible que celui de l'ensemble de la population, à 10,0 % contre 14,4 %.

87 % du territoire classé désert médical

Si la Sécurité sociale reste une fierté française, le phénomène de désertification médicale entraîne aujourd'hui des difficultés croissantes d'accès aux soins. 

En 2024, selon les chiffres du ministère de la Santé, 87 % du territoire était classé comme un désert médical. 6,7 millions de Français affirmaient par ailleurs ne pas avoir de médecin traitant, soit 11% de la population.

34,5 % des postes de praticiens hospitaliers vacants

L'hôpital est en tension, avec notamment 34,5 % des postes de praticiens hospitaliers vacants et des engorgements réguliers de services d'urgences. Pendant l'été 2025, 12 % des hôpitaux publics ont dû fermer au moins une fois leur service d'urgences, selon la Fédération des hôpitaux publics (FHF).

Pour compenser le manque de personnel et la disponibilité insuffisante de lits, les hôpitaux ont eu recours aux heures supplémentaires, au temps de travail additionnel et à l'intérim, mais aussi à la réorientation des patients, par le 15 ou à l'arrivée aux urgences.

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