Parmi la multitude d’allocations sociales de la Caisse d'allocations familiales (CAF), il existe une aide permettant d'équiper son logement. Toutefois, ce dispositif n'est pas accessible à tous les Français. Alors, comment en bénéficier ?
Un coup de pouce controversé. En France, l'aide à l'équipement ménager mobilier, aussi appelée «aide à l'équipement du logement» ou encore «prêt CAF équipement mobilier/ménager» selon les départements, permet d'obtenir une subvention ou un prêt pour l'achat d'appareils ménagers ou de meubles.
Pour obtenir cette aide, il est nécessaire de constituer un dossier auprès de la CAF avant l'achat, en précisant la nature et le prix des articles. L'organisme, qui répond généralement sous une dizaine de jours, se réserve un droit de refus en cas de non-respect des conditions.
En effet, si les critères d'éligibilité varient selon les régions, dans la plupart des cas, il faut avoir au moins un enfant à charge, excluant ainsi les personnes seules ou les couples sans enfant.
Certains CAF, tels que celles de Saône-et-Loire, exigent également d'être déjà allocataire pour demander l'aide. Dans d'autres, comme dans le Var, les parents non-allocataires peuvent également déposer une demande.
Une allocation de 1.000 euros en Saône-et-Loire
Le quotient familial, qui indique le niveau de ressources mensuelles selon la composition du foyer et des revenus, doit être inférieur à un certain seuil, oscillant encore une fois en fonction des départements. Cette limite est de 1.000 euros dans le Var, 850 euros dans le Nord, ou encore 700 euros dans l'Aisne.
À Paris, une subvention n'est accordée que pour un quotient familial inférieur à 500 euros. Jusqu'à 1.001 euros, un prêt sans intérêt est proposé.
En outre, la subvention s'élève généralement à environ 300 euros par équipement, avec un maximum annuel de 450 euros pour plusieurs achats. Ce plafond peut, par exemple, atteindre 1.000 euros en Saône-et-Loire «en cas de séparation, décès du conjoint, arrivée d'un enfant, départ ou réhabilitation d'un logement indécent». Dans la capitale, elle est plus considérable : 600 euros pour un enfant, 700 euros pour deux, et jusqu'à 900 euros pour trois.
Concernant les prêts, les montants peuvent être plus supérieurs. Il faut compter 1.000 euros dans l'Aisne, 800 euros dans l'Allier, ou encore 650 euros dans le Finistère. Le remboursement s'étale sur 36 mois maximum par prélèvement sur d'autres prestations familiales.
«Ce type d'aide dissuade de travailler»
Enfin, les équipements éligibles varient selon les départements mais incluent dans la majorité des cas les appareils essentiels (réfrigérateur, cuisinière, lit, etc.), et parfois des équipements moins indispensables, (lave-vaisselle, sèche-linge ou micro-ondes).
Alors que le déficit budgétaire est devenu un enjeu majeur pour l'État ces derniers mois, ce dispositif suscite des critiques, de nombreux Français le jugeant «excessif».
«Ce genre de dispositif paraît totalement surréaliste aujourd'hui car on ne peut plus se permettre ce genre de dépenses compte tenu du déficit financier de l'État français, mais aussi parce que c’est typiquement ce type d'aide qui dissuade de travailler car il récompense les personnes sans activité», a expliqué Benoît Perrin, directeur de l'association Contribuables associés à Europe 1, préconisant sa suppression.