La décision du Parti socialiste de ne pas censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu ce jeudi n’a pas fait que des heureux. Malgré l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, des adhérents et élus ont tout de même appelé à rejeter l’exécutif.
Beaucoup de socialistes se sont félicités d’une victoire ce mardi. Lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé la suspension de la réforme des retraites «jusqu’à l’élection présidentielle de 2027».
Un totem pour la gauche, de tous bords, et une condition obligatoire pour que le chef du gouvernement puisse éviter une censure. Si rien n’est encore acté, et que cette suspension devra être débattue à l’Assemblée nationale, le Parti socialiste a écarté l’hypothèse d’une censure. Pour rappel, les motions déposées par La France insoumise et par le Rassemblement national seront examinées ce jeudi, à partir de 9h au Palais-Bourbon.
«Nous ne censurerons pas», a ainsi confirmé le Premier secrétaire du parti Olivier Faure ce mardi sur TF1, se félicitant d’une «victoire» qui pourrait permettre «à 3,5 millions de personnes de partir à la retraite plus tôt».
🗣️ "La décision de ne pas censurer le gouvernement a été prise collectivement et donc j'entends que tout le monde la respecte (...) Les masques vont tomber."
🔴 Olivier Faure (@faureolivier), invité dans #LE20Hpic.twitter.com/BCO1mwQIK2— TF1Info (@TF1Info) October 14, 2025
Toutefois, le chef du Parti socialiste n’a pas interdit à ses députés de «voter la censure». «Je ne suis pas caporal», a indiqué Olivier Faure, soulignant malgré tout «une décision collective».
Des membres divisés
Si le PS a été la cible de la colère des membres de La France insoumise et du désaccord des Écologistes, il a également été critiqué par certains de ses membres.
Ce mardi, le député PS de la Drôme Paul Christophle a indiqué qu’il censurerait Sébastien Lecornu ce jeudi, pointant du doigt un manque de mesures de justice sociale dans le projet du Premier ministre.
Le compte n’y est pas. Jeudi, je censure.
— Paul Christophle (@paulchristophle) October 14, 2025
Une décision saluée par le Coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard. Invité sur CNEWS ce mercredi, celui-ci a invité les députés socialistes «à désobéir à la consigne de non-censure».
Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, après les annonces de Sébastien Lecornu : «J'invite les socialistes à désobéir», dans #LaGrandeInterviewpic.twitter.com/8ckaboU95Z
— CNEWS (@CNEWS) October 15, 2025
Outre le député Paul Christophle, d’autres membres, d’antennes plus locales, ont rejeté le pari pris par le Parti socialiste. «Funeste jour pour le PS. Je ressens de la honte vis-à-vis de mes autres camarades», a écrit sur X Arsène Dehec, secrétaire de la section PS de la ville de Cognac (Charente).
Funeste jour pour le PS. Je ressens de la honte vis-à-vis de mes autres camarades, peuple de gauche, de celles et ceux qui sont à la base de mon engagement.
La honte, la honte, la honte.— Arsène Dehec (@ArsneD1) October 14, 2025
Les Jeunes socialistes du Finistère ont considéré que la victoire sur la suspension des retraites «n’était pas suffisante».
🟥 Député·es du #Finistère, censurez le gouvernement #LecornuII.
Ce budget est une honte : austérité, mépris des territoires, abandon des services publics.
La suspension des retraites est une victoire, mais pas suffisante.#BudgetDeLaHonte#Censure#JS29#PSpic.twitter.com/wWbpfIOdV2— Jeunes Socialistes 29 (@JeunesSoc29) October 14, 2025
Si la stratégie du Parti socialiste a été contestée par certains alliés, actuels comme anciens, elle pourrait également laisser des traces en interne.