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Mort de Samuel Paty : il y a cinq ans, jour pour jour, l’enseignant était assassiné par un islamiste dans les Yvelines

Le meurtre du professeur d'histoire-géographie avait ému la France entière. [PASCAL GUYOT / AFP]

Il y a cinq ans jour pour jour, le 16 octobre 2020, le professeur d'histoire-géographie Samuel Paty était assassiné par un islamiste à la sortie de son collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). La tragique issue d'une cabale meurtrière. 

L'affaire avait profondément ému et choqué l'opinion publique. Alors qu'il regagnait son domicile à pieds, le 16 octobre 2020, Samuel Paty a été décapité par un islamiste radicalisé aux abords du collège Bois d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). L'enquête avait pu retracer l'escalade de menaces que le professeur a subi jusqu'au drame, avec pour point de départ, le mensonges d'une élève. 

Le 5 octobre, Samuel Paty donnait un cours d'éducation morale et civique devant ses élèves de 4e, au collège du Bois d'Aulne, un établissement jugé tranquille. 

Ce jour-là, dans le cadre d'un exercice de réflexion sur la Liberté d'expression, le professeur avait notifié à sa classe qu'il allait montrer des caricatures du prophète Mahomet. Il avait prévenu les élèves qui pourraient «être choqués», de «sortir» ou de «fermer les yeux». 

Certains élèves avaient décidé de sortir de la salle, mais le cours s'était déroulé «sans tension, ni vexation», selon l'assistance de vie scolaire, présente lors du cours. 

Un cours pris dans une polémique 

Le lendemain, le professeur donnait ce même cours à une autre classe du même niveau. 

Cette fois-ci, il avait demandé aux élèves de détourner le regard s'ils ne souhaitaient pas regarder la caricature. C'est après ce cours que la polémique a surgi. 

Une élève, pourtant absente ce jour-là, avait affirmé que l'enseignant avait «demandé aux élèves de confession musulmane de s'identifier» et «de sortir». 

Elle avait poursuivi ses accusations, en expliquant qu'elle avait été exclue pour lui avoir dit qu'il ne «devrait pas montrer cela». 

un mensonge propagé sur les réseaux sociaux

Le mercredi 7 octobre, cette-même élève se fabriquait un alibi à partir de cette histoire, pour justifier auprès de ses parents, son exclusion de deux jours du collège. Une exclusion qui n'avait, en réalité aucun lien avec cette affaire, mais avec des problèmes de discipline. 

Le soir même, l'affaire avait pris une tout autre tournure, quand le père de la jeune fille avait décidé de cibler Samuel Paty et l'établissement sur Facebook. Le mensonge était alors relayé, ainsi que le numéro de téléphone, l'adresse et le lieu de travail de l'enseignant. Le post avait été supprimé plus tard dans la nuit, mais la machine était lancée. 

Le lendemain, la mère, puis le père de l'élève se succédaient au collège pour «demander des explications». 

Le père, lui, ne s'y était pas rendu seul, mais accompagné d'Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste fiché S. Celui-ci, avait répondu aux sollicitations du père, Brahim Chnina, la veille sur les réseaux sociaux. 

Une semaine d'acharnement

Cette situation sans dialogue possible s'est empirée, quand Brahim Chnina a décidé de publier sur WhatsApp une vidéo dans laquelle il traitait le professeur de «voyou». Cette même journée, il s'était rendu au commissariat avec sa fille, pour porter plainte contre Samuel Paty pour «diffusion d'image pornographique à un mineur». 

Les jours suivants, la rumeur continuait de s'emballer, l'Académie et des parents d'élèves étaient reçus par la principale. Dans un message destiné aux familles et au corps enseignant, elle exprimait son soutien à Samuel Paty, quand, dans la salle des professeurs deux camps s'étaient formés. 

L'enquête avait pu révéler que le vendredi 9 octobre, le père de la jeune fille avait été contacté pour la première fois par Abdoullakh Anzorov, un radicalisé de 18 ans originaire d'Évreux, il avait échangé plusieurs fois avec lui la semaine précédent l'assassinat. 

un professeur dans la peur

Au cours du week-end, de nouvelles vidéos étaient diffusées sur les réseaux sociaux. Le dimanche soir, Samuel Paty décidait alors de détailler dans un mail destiné à ses collègues, les rumeurs et les menaces dont il était la cible. 

Le lundi 12 octobre, Samuel Paty était convoqué au commissariat pour répondre à la police à la suite de la plainte de Brahim Chnina. 

Il décidait, lui aussi de porter plainte pour «diffamation publique». À partir de ce jour, Samuel Paty demandait systématiquement à des collègues de l'accompagner et le raccompagner après les cours. Selon eux, il se sentait menacé. 

Assassiné en rentrant chez lui

Le vendredi 16 octobre 2020, il quittait l'établissement vers 16h50. Ce jour-là aucun collègue ne pouvait déposer Samuel Paty chez lui. 

Il s'est camouflé avec un masque, des écouteurs, une capuche et a entamé le chemin retour jusqu'à son domicile, qui se trouvait à 11 minutes à pieds. 

À son arrivé sur place, le terroriste Abdoullakh Anzorov a demandé à des élèves de lui désigner le professeur en échange d'argent, avant de le retrouver non loin de l'établissement. 

Abdoullakh Anzorov a poignardé et décapité le professeur d'histoire-géographie, avant d'être abattu par une patrouille de police quelques minutes plus tard. 

À l'issue du procès en première instance qui s'est tenu en décembre 2024, les huit accusés ont été reconnus coupables et ont écopé de peines allant d'un à seize ans de prison. Quatre des accusés ont fait appel et seront rejugés début 2026. 

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