La menace terroriste «reste vive» en France, a reconnu ce lundi le procureur national antiterroriste Olivier Christen, près d'une décennie après les attaques du 13-Novembre.
Un constat inquiétant. Dix ans après les attaques du 13-Novembre, le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a pris la parole pour parler de la menace terroriste qui «reste vive», selon lui, sur le territoire français.
«Nous sommes à un stade où la menace est très présente. Le nombre de procédures que nous ouvrons [au parquet national antiterroriste] est à un niveau qui est parmi les plus élevés depuis les cinq dernières années», a-t-il déclaré, ce lundi 3 novembre, sur France Inter.
«Elle est toujours très présente, mais dans des formes assez différentes de ce que nous avions pu connaître il y a une dizaine d'années. Dans le mi-temps des années 2010, c'était principalement une menace exogène, organisée de l'étranger. Aujourd'hui, on est davantage confronté à une menace endogène, présente sur le territoire. Elle est polymorphe, avec des personnes qui se sont radicalisées de façon différente», a-t-il ajouté.
Une «autonomisation des individus»
En effet, Olivier Christen a expliqué que le parquet a constaté une «autonomisation des individus» impliqués dans des projets d'action, c'est-à-dire avec «moins de contact direct avec les organisations» terroristes.
«Je ne suis évidemment pas en mesure de vous dire si un attentat tel que ceux qu'on a connus en 2015 serait possible demain, ce que je peux vous dire en revanche, c'est que la menace n'est pas très prégnante», a confié le procureur national antiterroriste.
Ce dernier a également constaté un «très fort rajeunissement» des mis en cause. Depuis le 1er janvier, 17 mineurs ont été mis en examen cette année pour des faits de terrorisme, après déjà 19 en 2024, a-t-il rappelé. Olivier Christen a aussi souligné l'émergence depuis «trois à quatre ans» de la menace terroriste d'ultradroite.
«Nous avons ouvert cinq procédures sur ce champ-là en 2025, qui est très important et qui correspond à une radicalisation violente d'une expression politique», a précisé le procureur national antiterroriste.