Hébergé au zoo de Beauval, le seul couple de pandas géants présent en France est retourné en Chine, ce mardi 25 novembre, pour des raisons médicales.
«Un dernier adieu rempli d'émotion». Han Huan et Yuan Zi, l'unique couple de pandas géants hébergé en France au zoo de Beauval (Loir-et-Cher), est retourné en Chine ce mardi matin, dû à l'insuffisance rénale d'un des deux mammifères.
Les deux ursidés de 17 ans ont été installés dans des caisses blanches portant l'inscription «bon voyage», puis chargés dans un camion à leur effigie, selon les journalistes de l'AFP présent sur place.
Prêtés par Pékin en 2012, les pandas sont apparus une dernière fois devant la dizaine de soigneurs venus leur dire au revoir à travers la vitre en plexiglas de leur boîte. Certains, à leurs côtés depuis 13 ans, avaient les yeux humides.
L'agitation n'a pas semblé les déranger, alors qu'ils voyageront avec 180 kilos de bambous frais et plusieurs jerricanes d'eau. «On dirait que c'est presque comme si de rien n'était pour Huan Huan. Elle se gratte, elle est à l'aise», s'est amusé le directeur du parc, Rodolphe Delord, visiblement ému, en vérifiant l'état de santé de la femelle.
Deux millions de visiteurs au parc en 2023
«Les animaux ont été préparés pour leur transport. Les départs et les arrivées, c'est la vie d'un zoo», a-t-il ajouté, soulignant que le départ, initialement prévu début 2027, a été avancé «en concertation avec les autorités chinoises» dû à l’insuffisance rénale dont souffre Huan Huan, «une maladie assez fréquente» à cet âge.
Ils sont partis peu après 5h sous escorte policière vers l'aéroport de Roissy, où le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, et un représentant de l'ambassade de Chine à Paris leur feront un dernier adieu, avant le décollage prévu à 12h15.
Un parcours de près de 9.000 km attend le couple qui rejoindra le Centre de conservation de Chengdu dans le cadre du programme international de recherche et reproduction des pandas géants.
Ce départ a également attristé de nombreux admirateurs, dont certains étaient même présents devant l'entrée du zoo pour voir passer le convoi. Parmi eux, Patrice Colombel et son épouse Véronique, drapeaux en main et «bob panda» sur la tête, sont venus de Bordeaux pour «un dernier adieu rempli d'émotion». «On est tristes. Avant eux, je n'avais jamais vu de panda», a confié la bordelaise à l'AFP.
Depuis leur arrivée, ces pandas ont participé aux succès du parc zoologique de Beauval, qui a accueilli deux millions de visiteurs et réalisé 113 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023.
Un outil diplomatique
Le couple a donné naissance à trois bébés, une première en France : un mâle né en 2017, déjà parti en Chine deux ans auparavant, mais également des jumelles, qui resteront à Beauval au moins jusqu'en janvier 2027.
Espèce rare et vulnérable, ces pandas imposants se trouvent uniquement en Chine, où ils servent d'outil d'influence dans les relations internationales. Ainsi, dans le cadre de sa «diplomatie du panda», Pékin prête quelques spécimens à l'étranger afin de renforcer leurs relations. En dehors de Chine, seulement une vingtaine de parcs zoologiques hébergent ces plantigrades herbivores.
Le zoo de Beauval espère désormais «entamer des discussions» avec la Chine pour «prolonger le partenariat [...] et pourquoi pas faire venir d'autres pandas dans le futur», selon le directeur.