Le rappeur Booba comparaît ce mercredi 3 décembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour injures publiques à caractère discriminatoire concernant une journaliste, Linh-Lan Dao, et l'essayiste Tristan Mendès France, mais aussi pour cyberharcèlement aggravé concernant la première personne citée.
Une nouvelle affaire judiciaire pour le rappeur originaire des Hauts-de-Seine. Le rappeur Booba, qui fêtera le 9 décembre son 49e anniversaire, comparaît ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour injures publiques à caractère discriminatoire visant une journaliste, Linh-Lan Dao, et l'essayiste Tristan Mendès France, mais aussi pour cyberharcèlement aggravé concernant la journaliste.
Les procédures s'accumulent pour Elie Yaffa (le vrai nom de Booba), également mis en examen et sous contrôle judiciaire pour harcèlement moral en ligne aggravé contre l'ex-reine des influenceurs Magali Berdah, et poursuivi pour ses piques contre Demdem, un temps compagne de son rival Gims.
Le parquet de Paris a précisé que le rappeur a été présenté le 9 septembre à un magistrat du parquet qui lui a remis une convocation à une audience au tribunal de Paris ce mercredi. Depuis cette date, il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'entrer en relation avec les victimes. Le rappeur a également dû payer une caution pour être libéré en attente de son jugement.
«C'est une chambre spécialisée en droit de la presse qui va connaître de cette affaire. Booba est parfaitement serein et réserve ses explications au tribunal», ont réagi ses avocats, Me Marie Roumiantseva et Gilles Vercken, en septembre dernier.
Des faits remontant à janvier 2024
Concernant la journaliste, Booba doit être jugé principalement pour cyberharcèlement aggravé et injures publiques discriminatoires pour des propos publiés sur X en janvier 2024, faisant référence à ses origines.
Ilana Soskin, l'avocate de Linh-Lan Dao, a indiqué à l'AFP que sa cliente se constituerait partie civile à l'audience. «Le harcèlement qu'elle a subi et les injures à raison de son origine qui ont été proférées par Booba, suivies et relayées par des centaines d'internautes, ne peuvent rester impunis», a-t-elle déclaré.
S'agissant de l'essayiste Tristan Mendès France, spécialiste des cultures numériques à l'université Paris-Cité, Booba devra répondre de messages sur X de janvier 2024. «Il est nez avant la honte», avait écrit le rappeur sur le réseau social, accompagnant ses propos d’une photographie de la victime accolée à une autre du tueur en série Francis Heaulme, ou encore d'avoir écrit «nezfaste».
Sollicité par l'AFP, Tristan Mendès France a précisé ne pas être à l'origine de la procédure, ni avoir l'intention de se porter partie civile dans ce dossier. «Avec son empreinte sur X, ses messages ont déclenché un flot spectaculaire de commentaires antisémites», a indiqué ce dernier.
«Il faut avoir une culture historique lamentable pour ne pas se rappeler des attaques antisémites contre le nom Mendès France et particulièrement Pierre Mendès France», président du Conseil sous la IVe République, «dont l'effigie avait été brandie lors de l'exposition pétainiste sur les Juifs», a ajouté ce dernier.
Booba est par ailleurs mis en examen depuis octobre 2023 et sous contrôle judiciaire pour harcèlement moral en ligne aggravé contre l'ex-reine des influenceurs Magali Berdah.