Le journal d’un prisonnier, le livre écrit par Nicolas Sarkozy sera disponible en librairie le 10 décembre. Ce récit de 213 pages écrit à la première personne retrace les trois semaines passées par l’ex-président à la prison de la Santé.
Habitué au succès d’édition, Nicolas Sarkozy publie un nouveau livre, qui tient toutefois une place particulière dans sa bibliographie. «Le journal d’un prisonnier», qui sort ce mercredi aux éditions Fayard, est en effet le récit de son quotidien entre sa cellule, le parloir et les couloirs de la prison de la Santé. Europe 1 a dévoilé les bonnes feuilles de cette expérience intime et inédite.
Dans ce livre qui retrace ces trois semaines en prison, l’ex-président évoque notamment sa foi : «Je priais pour avoir la force de porter la croix de cette injustice», raconte-t-il. Mais c’est une rencontre, celle avec l’aumônier de la prison, qui aurait marqué ses trois semaines en cellule.
L’ex-chef d’État narre son premier échange avec l’homme de foi : «La conversation s’engagea aisément, librement, et sans le moindre protocole. Il marquait de nombreuses pauses pour bien ajuster chacune de ses paroles. Nous parlâmes de religion, du pape, des églises dans la campagne, au début sans aucune connotation trop intime ou trop personnelle. Je lui étais reconnaissant de faire preuve d’une telle réserve. Je n’aurais pas aimé qu’il soit trop intrusif alors que nous ne nous connaissions pas. Je dois même admettre que c’est moi qui avais fini par engager la conversation sur des questions plus intimes. Je lui demandai les raisons qui l’avaient amené à exercer son ministère dans un tel endroit. Il me confia qu’il était un homme des marges, qu’il les avait toujours aimées et qu’avec la prison, il était servi.»
Ses liens avec Emmanuel Macron évoqués
Si cette rencontre spirituelle fut marquante, la politique, elle, ne fut jamais très loin. Ses relations avec le président Macron, les soutiens parfois inattendus de certains dirigeants politiques, l’épisode de la visite des parlementaires LFI à la prison de la Santé, l’ex-chef d’État n’élude aucun épisode.
Le 25 septembre, l'ancien chef de l'État, aujourd'hui âgé de 70 ans, a été condamné en première instance à cinq ans de prison avec mandat de dépôt assorti d'une exécution provisoire pour association de malfaiteurs, et à une amende de 100.000 euros. Il a aussitôt fait appel et sera jugé à nouveau du 16 mars au 3 juin par la cour d'appel de Paris. Au Figaro, Nicolas Sarkozy confie avoir «écrit au bic sur une petite table en contreplaqué, tous les jours». «Je donnais les feuilles à mes avocats, qui les donnaient à ma secrétaire pour les mettre au propre. J’ai écrit d’un seul jet et après ma libération, un lundi, j’ai terminé le livre dans les jours suivants», décrit-il.
Premier président à connaître la solitude de la prison, Nicolas Sarkozy raconte dans ce nouveau livre une expérience marquée par l’ennui et un environnement hostile. «La prison fut pour moi une épreuve que j’ai essayé de rendre la plus productive possible. On a coutume de dire que l’on apprend à tout âge. C’est vrai, car j’ai beaucoup appris à la Santé, sur les autres comme sur moi-même», note-t-il.