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Enfant tondu dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance : le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une enquête pour «violences volontaires»

Ce mardi, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête pour «violences volontaires» après la révélation de faits de maltraitance dans un foyer de l'aide sociale à l’enfance (ASE) où des éducateurs ont rasé la tête d'un enfant de 8 ans.

Des images révoltantes. Ce mardi, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête pour «violences volontaires sur mineur de quinze ans par personne ayant autorité» après des révélations indiquant qu'un jeune garçon a été tondu en février 2025, dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance du 13ᵉ arrondissement de Paris. L’avocat de la mère de l’enfant avait déjà signalé les faits en septembre.

Une «sanction», selon les éducateurs

Selon le ministère public, les faits sont «susceptibles d'avoir été commis» au foyer éducatif Jenner, géré par l'association Jean-Coxtet et qui accueille des mineurs et jeunes majeurs placés. Selon les informations révélées par Franceinfo, des éducateurs de cet établissement se sont filmés en train de raser la tête d’un enfant de 8 ans, torse nu, assis sur une chaise. 

Ils se sont ensuite moqués de lui, justifiant leur geste comme une «sanction». Selon cette même source, une première vidéo laisse entendre différents commentaires : «On va t’appeler double face», lance l'homme qui filme la scène. «Ça fait grave stylé», ajoute l'éducatrice qui tond l’enfant.

Une deuxième vidéo montre l'enfant totalement rasé. Ces images ont été relayées sur un groupe WhatsApp, auquel Le Parisien a pu avoir accès. Les conversations consultées ont révélé que cette séance de coiffeur n'était pas demandée, ni par les parents de l'enfant, ni par la direction du foyer. Seuls les éducateurs ont pris cette décision, considérant cet acte comme une «sanction».

Un acte qui a engendré des moqueries

La nouvelle apparence du petit garçon a fait l'objet de moqueries dès son retour à l'école, le lendemain des faits. Selon Franceinfo, il serait venu avec un bonnet et aurait subi des violences de la part de ses camarades. 

C'est en rendant visite à son fils quelques jours après la coupe de cheveux, que la mère du petit garçon a découvert son crâne rasé. En demandant des explications au foyer, on lui a d'abord répondu que le coiffeur s’était raté et avait voulu égaliser la coupe. 

C'est finalement en septembre qu'elle découvre la vérité, en tombant sur des images de cette scène humiliante. Le foyer lui donne alors une nouvelle justification, avançant que le petit garçon avait des poux, et que les salons de coiffure ont refusé de le prendre pour lui couper les cheveux. 

Mais cette version n'a pas convaincu la mère de l'enfant. Elle s'est alors saisie de son avocat, Me Axel Delaunay-Belleville, pour écrire à la juge des enfants en charge du placement du petit garçon, sans pour autant déposer plainte à ce moment-là.

des «manquements inacceptables»

La mairie de Paris, en charge de l’aide sociale à l’enfance, a dénoncé des «manquements inacceptables». Elle estime qu'«aucune des justifications avancées, qu’il s’agisse du prétendu accord de l’enfant, de l’éventuelle autorisation de sa mère, ou encore des tentatives, en tout état de cause non vérifiées, de se débarrasser de poux, ne saurait légitimer la violence qui lui a été infligée». 

Plus tôt ce mardi, elle avait indiqué avoir saisi «sans délai l’autorité judiciaire afin que des suites y soient données», avec l'intention de se constituer «partie civile le cas échéant». Elle précise avoir «diligenté des enquêtes administratives en utilisant son pouvoir d’inspection et de contrôle» qui ont déjà conduit au «renouvellement de l'équipe» encadrante de la structure.

La municipalité a par ailleurs expliqué que l'enfant souhaitait «rester dans ce foyer» et «dit s’y sentir bien, malgré l’épisode violent de février. Sa mère sera reçue par la responsable de l’ASE dans les prochains jours». 

L'avocat de la famille, lui, s'est étonné de voir la collectivité communiquer à ce sujet seulement ce mardi alors qu'elle était informée «depuis septembre» selon lui. Il a indiqué que la mère du petit garçon allait déposer plainte «dans les prochaines jours».

La haute-commissaire à l'enfance, Sarah El Haïry a rappelé que «l'ASE n'est pas là pour abîmer. Elle est là pour protéger. Un enfant confié doit être traité avec une dignité absolue». De son côté, la présidente de l'association l'Enfant bleu, Isabelle Debré, s'est dire «écoeurée» de voir que les images ont circulé «sur les boucles WhatsApp, partagées entre professionnels».

La commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les manquements des politiques publiques de protection de l'enfance avait alerté, dans un rapport rendu le 1er avril, sur un système «qui craque de toutes parts», pointant l'existence d'une «violence institutionnelle» exercée parfois directement par des professionnels au contact des enfants.

Le rapport déplorait notamment l'absence de «règle minimale d'encadrement» dans les foyers ainsi que des contrôles encore «beaucoup trop lacunaires» pour protéger les près de 400.000 mineurs concernés par une mesure d'aide sociale à l'enfance en France.

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