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«Stratégie de défense nationale» : pourquoi le débat entre Sébastien Lecornu et les députés s'annonce décisif ce mercredi

Sébastien Lecornu a décidé de faire usage de l’article 50-1 de la Constitution, permettant une prise de parole suivie d’un débat à l'Assemblée nationale. [REUTERS/Stephane Mahe]

Un grand débat sur la «stratégie de défense» se tiendra ce mercredi 10 décembre à l’Assemblée nationale. L’objectif est de valider la volonté de réarmement initiée par Emmanuel Macron, alors que l’issue de l’examen du budget est pour le moins incertaine.

A l’aune de la multiplication des conflits internationaux, le sujet de la Défense nationale est revenu au coeur de l’actualité dans l’Hexagone. À tel point que Sébastien Lecornu a choisi d’organiser ce mercredi 10 décembre un grand débat à l’Assemblée nationale, qui s’annonce crucial pour la validation du plan soutenu par Emmanuel Macron. Et pour cause : même en cas de rejet du budget, le Premier ministre souhaite entériner la stratégie de réarmement initiée par le président de la République.

Déterminé à «surmonter les blocages» au Parlement, Sébastien Lecornu a décidé de faire usage de l’article 50-1 de la Constitution, permettant une prise de parole suivie d’un débat, ce mercredi 10 décembre, consacré à «la Défense nationale». Il prendra la forme d'une déclaration du Premier ministre, avant des interventions de parlementaires, et une réponse du gouvernement. La discussion n'a aucune valeur législative mais elle peut donner lieu à un vote, si le gouvernement en décide ainsi.

«J’ai pris cette décision tenant compte du fait que la partie recettes du budget de l’État a été repoussée à l’Assemblée», ce qui n’a pas permis aux députés «d’observer tous les crédits de dépense», a relaté le locataire de Matignon, à l'issue d'une réunion au ministère des Armées. Il y voit un «problème démocratique», «parce qu’il est question d’une augmentation importante pour nos armées l’année prochaine», a précisé le Premier ministre au côté de la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

nouveaux crédits et souveraineté militaire

Concrètement, l’idée est de solliciter les parlementaires sur des sujets spécifiques, comme la hausse de 6,7 milliards d’euros des crédits de la Défense, annoncée en juillet par Emmanuel Macron. «On ne veut pas prendre la représentation nationale en traître et il est important d’avoir un moment dédié à ce sujet», a soutenu Sébastien Lecornu, avant de prévenir que cette croissance «va durer dans le temps», évoquant une augmentation de 36 milliards entre 2026 et 2030 pour les Armées. 

La question de la souveraineté sera aussi au coeur des échanges. «Nous avons fait le choix de ne dépendre de quasiment personne pour nos systèmes d’armes. Ça veut dire que derrière l’enjeu budgétaire se trouve un enjeu industriel de commandes publiques et de compétences, à l’égard des 9 grands géants de notre industrie de Défense», mais aussi des PME et TPE, «sous-traitantes du secteur». «Je ne proposerais jamais d’acheter des armes américaines», a-t-il renchéri. 

Voter le budget

Alors que les députés s’écharpent sur le budget de l’État, dont l'adoption est plus qu’incertaine, Sébastien Lecornu entend par le biais de cet échanger prouver la capacité des parlementaires à «isoler du reste les questions de la Défense nationale et de notre souveraineté». Si les divergences entre les groupes sont réelles, «des convergences existent sur ces thématiques», estime le Premier ministre, qui n’entend pas se reposer uniquement sur ce débat.

A cet égard il a prévenu que «sans budget», passer des commandes militaires nouvelles devenait «compliqué», tout comme la «mise à jour» de la loi de programmation militaire 2024-2030, dans un contexte international où les «risques se cumulent». «Ceux qui disent que l'absence de budget n'a pas d'impact, mentent», a-t-il insisté, en redisant qu'il ne souhaitait pas recourir au 49.3, qui permet de faire passer un texte sans vote, et en appelant chaque parlementaire «à la responsabilité». 

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