Cette semaine, deux motions de censure liées à l’accord avec le Mercosur seront débattues à l’Assemblée nationale. De son côté, le Parti socialiste a d’ores et déjà annoncé qu’il ne les soutiendrait pas, estimant qu’Emmanuel Macron est allé au bout de ce qu’il pouvait faire sur ce dossier.
Les débats sont à l’arrêt, une nouvelle crise agricole a éclaté, le RN et LFI ont déposé des motions de censure tandis que le PS refuse de s’y associer : la situation politique française atteint un niveau de tension rarement observé.
Ce samedi 10 janvier, après 28 heures de discussions, les députés ont rejeté en commission le projet de budget de l’État, pourtant attendu en séance mardi 13 janvier. À cette impasse s’ajoute le désaccord sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, vivement contesté par LFI et le RN.
En réaction, ces deux partis ont déposé des motions de censure pour faire tomber le gouvernement et provoquer des élections législatives anticipées. Le PS, lui, s’y oppose. «Ce que l’on peut reprocher à Emmanuel Macron, c’est d’avoir beaucoup varié sur la question du Mercosur. Mais, à la fin, il dit non. Et donc, au moment où il dit non, alors qu’un vote est attendu au Parlement européen dans quelques jours, ce serait absurde de dire que nous censurons le gouvernement», a déclaré ce dimanche 11 janvier Olivier Faure dans des propos rapportés par l'AFP.
Les deux motions de censure, centrées sur le traité de libre-échange UE-Mercosur, doivent être débattues en milieu de semaine prochaine à l’Assemblée nationale.
Amélie de Montchalin dénonce un «acte politique» irréfléchi
À quelques jours de discussions qui pourraient s’avérer fatales pour le gouvernement, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, s’est exprimée sur France 3 dans Un dimanche en politique.
Selon elle, les motions de censure déposées relèvent d’«actes politiques qui n’ont aucun sens». «Vous voyez le niveau de bêtise, de vide ? C’est pitoyable !», a-t-elle lancé à l’encontre des deux partis d’opposition. La ministre a également mis en garde contre les conséquences d’une censure : «Faire tomber un gouvernement, c’est stopper les débats budgétaires. Cela ne résout rien sur le Mercosur. Et oui, dans ce cas-là, il y aura une dissolution», a-t-elle regretté.
Concernant le budget 2026, la ministre a déploré l’absence de volonté de compromis chez les députés, tous bords confondus, qu’elle accuse de privilégier des calculs politiques au détriment du dialogue. «Si le gouvernement tombe, il est certain qu’il n’y aura aucune possibilité d’adopter un budget avant les élections municipales», a-t-elle averti.