Alors que les élections municipales approchent et que l'hypothèse d'une dissolution de l’Assemblée nationale a fait son retour dans le jeu politique, le président de l’UDR Eric Ciotti a réitéré son souhait, ce dimanche, d'une «union des droites». Une coalition souhaitée par une majorité d'électeurs.
«Une nécessité politique, électorale et vitale». Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, le président de l’UDR Eric Ciotti a de nouveau plaidé en faveur d’une «union des droites».
Le député des Alpes-Maritimes, candidat à la mairie de Nice, considère que cette coalition est «urgente» face à «l’effondrement de l’Etat». Celui-ci dénonce vivement le bilan d’Emmanuel Macron, à la fois sur le plan économique, fustigeant «une dette qui approche des 3.500 milliards d’euros», mais aussi sécuritaire. «La violence explose, avec une augmentation de 70% d’homicides et de tentatives d’homicide depuis l’élection du président», pointe-t-il du doigt.
Comme il l’indique, cette «union des droites», qui concernerait Les Républicains, le Rassemblement national et Reconquête, aurait également des fins électorales. En effet, alors que les élections municipales se dérouleront les 15 et 22 mars, la rumeur d’une dissolution de l’Assemblée nationale a refait surface. Celle-ci serait liée à la censure, ou non, du gouvernement de Sébastien Lecornu, que ce soit sur le budget ou sur l’adoption du traité sur le Mercosur, dénoncé par les agriculteurs français.
Des électeurs favorables à une union
Eric Ciotti est un fervent défenseur de cette alliance. En juin 2024, alors président des Républicains, il avait pris la décision de former une coalition avec le Rassemblement national, à l’aube des élections législatives anticipées.
Renvoyé de son parti, le député des Alpes-Maritimes avait alors fondé l’Union des droites pour la République (UDR). Cette formation politique dispose désormais d’un groupe de 16 députés à l’Assemblée nationale.
Selon un sondage de l’institut CSA pour le JDD, publié ce samedi, 66% des électeurs de droite seraient favorables à une union. Une idée qui séduit particulièrement les sympathisants de Reconquête (89%), largement plus que ceux des Républicains (66%) et du Rassemblement national (63%).
Si l’union venait à se concrétiser, Jordan Bardella serait plébiscité par 38% des sondés pour en prendre la tête, devant Marine Le Pen (22%), Bruno Retailleau (12%) et Sarah Knafo (8%).
Des tentatives dans les territoires
Si les cadres nationaux peinent à trouver un accord, certains élus locaux tentent de s’unir. Ce jeudi, Alain Kott, président des Républicains dans le Haut-Rhin, a annoncé son ralliement à la liste RN-UDR en vue des municipales à Colmar. Celui-ci a cependant été immédiatement suspendu par Bruno Retailleau, président des Républicains, opposé de principe à cette union.
De son côté, l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo, candidate à la mairie de Paris depuis peu, a assuré qu’elle tendra la main à «toutes les droites» lors du scrutin, de Rachida Dati (LR), à Thierry Mariani (RN), en passant par Pierre-Yves Bournazel (Horizons).