Depuis plusieurs semaines, vous avez très certainement remarqué un phénomène inhabituel en faisant vos courses : les rayons des œufs sont partiellement vides, voire totalement. En voici les raisons.
Cela fait plusieurs mois que les œufs se font de plus en plus rares en grande surface. En cause, une forte tension sur le marché. Ces dernières années la demande a explosé (+6%), mais la production n'arrive pas à suivre cette tendance (+1%). Ce déséquilibre durable entre l'offre et la demande est au cœur des difficultés traversées par le secteur.
Favorisé par des prix abordables, l'œuf est devenu l'alternative bon marché pour consommer des protéines animales. En 2025, avec un prix entre 15 et 40 centimes l'unité, la consommation moyenne était de 226 œufs par personne, un record en France.
L'impact des réglementations
Un autre facteur important est lié aux réglementations françaises et européennes sur le bien-être animal. Elles obligent une transition progressive vers des modes d'élevage sans cage. Cette évolution est jugée positive par bon nombre de consommateurs et d'associations, mais elle a un coût en termes de production.
Certains syndicats agricoles, comme la Coordination rurale, soulignent que l'interdiction de construire de nouveaux bâtiments en cage affaiblit la production et pourrait aggraver les tensions sur l'offre d'œufs. De son côté, la filière «œufs» a mis en place des mesures pour répondre à la croissance de la demande, notamment en prolongeant la durée de vie des poules pondeuses. Elle milite pour un assouplissement de la réglementation afin de favoriser la construction de nouveaux poulaillers, avec un objectif de 300 nouveaux bâtiments d'ici à 2030.
Une météo qui affecte le transport
Au-delà des causes structurelles, d'autres facteurs ont aggravé la situation ces dernières semaines. Les épisodes récents de mauvais temps, notamment les chutes de neige importantes ont perturbé les chaînes logistiques, retardant les livraisons vers et depuis les centres de distribution.
De plus, la filière reste vigilante face à la menace persistante de la grippe aviaire, qui a déjà limité les effectifs de volailles dans plusieurs pays européens et contraint parfois à l'abattage préventif de poules pour éradiquer le virus.
Pas de retour à la normale dans l'immédiat
Les professionnels du secteur estiment que le retour à une offre satisfaisante dans les supermarchés ne devrait pas intervenir avant la seconde moitié de 2026. D'ici là, la construction de bâtiments d'élevage, en conformité avec les normes de bien-être devrait progressivement renforcer la production.
Malgré ces difficultés, il est conseillé de ne pas se jeter sur les œufs, ce qui ne ferait qu'aggraver le phénomène. Les autorités sanitaires rappellent d'ailleurs qu'il ne faut pas stocker d'œufs de manière excessive. La date de consommation reste courte et le gaspillage serait contre productif.