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«La plus importante découverte archéologique depuis 50 ans» : le trésor de Lavau se dévoile au public ce samedi

Trésor du prince celte découvert à Lavau, l’une des plus grandes trouvailles archéologiques françaises depuis 50 ans. [© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Découvert à Lavau, près de Troyes, le trésor d’un prince celte daté du Ve siècle avant notre ère est dévoilé pour la première fois au public ce samedi au Musée d’Art moderne de Troyes. 

Un trésor hors norme. Découvert à Lavau, dans le nord-est de la France, le tombeau d’un prince celte a livré l’un des ensembles archéologiques les plus exceptionnels mis au jour dans le pays depuis un demi-siècle. Ce trésor, resté jusqu’ici à l’abri des regards, sera présenté pour la première fois au public samedi.

Les 80 objets, datant d'environ 450 avant notre ère, seront exposés jusqu'au 21 juin au Musée d'Art moderne de Troyes, non loin du lieu où ils ont été retrouvés.

Dans ce qui est aujourd'hui une zone commerciale, les archéologues de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) avaient découvert en 2014-2015 un complexe funéraire composé d'un vaste enclos et d'un portique monumental donnant accès à une tombe par une rampe, le tout scellé d'un tumulus de plus de huit mètres de haut.

Une chambre funéraire de 14 m2 abritait un squelette paré d'un torque (une sorte de collier) et de bracelets en or. Etendue sur un char à deux roues, la dépouille était entourée de vaisselle utilisée lors des banquets.

10 ans de travail pour restaurer le trésor 

Les études et travaux de restauration de ce trésor, contemporain de celui retrouvé dans la tombe de la princesse de Vix à une soixantaine de kilomètres de là, ont nécessité une dizaine d'années. 

Il a fallu par exemple 700 heures de travail pour rendre sa splendeur à un grand chaudron en bronze, aux anses finement décorées de têtes de félins et de figures représentant le dieu-fleuve Acheloos.

«Au moment de la fouille, on ne s'attendait pas du tout à cette découverte», a raconté l'archéologue Bastien Dubuis, responsable du chantier, lors d'une présentation à la presse.

Le récipient d'un mètre de diamètre, un des plus grands connus à ce jour, pouvait contenir 200 à 300 litres de vin, dont des traces ont été retrouvées sur la cuve. Un vin rouge, importé et aromatisé, à la mode méditerranéenne de l'époque.

Une forte mixité culturelle 

Comme d'autres objets retrouvés dans la tombe, il témoigne de la mixité culturelle de ce secteur de la petite Seine au carrefour de routes commerciales.

A l'image d'une autre pièce majeure de Lavau : un oenochoé attique. Ce vase à vin provenant d'un atelier grec a été embelli par les Celtes avec l'ajout de décorations en or et argent, représentant une divinité stylisée.

«On est en présence d'un artisanat de cour», d'une «haute technicité», note l'archéologue Emilie Millet auprès de l'AFP, prenant en exemple une fibule en or décorée de minuscules lions ailés «de seulement 3 mm».

«Le prince était en capacité d'attirer à lui des artisans issus d'horizons différents. Ce qui expliquerait peut-être le caractère hybride de cette production, un peu étrusque, un peu grecque, un peu celte», avance-t-elle. 

La dépouille du prince, qui devait vivre à l'emplacement de la ville actuelle de Troyes, est la «grande absente» de l'exposition, pour des raisons de conservation mais surtout d'«éthique», souligne l'anthropologue Valérie Delattre.

«Les objets suffisent à eux-mêmes», estime la chercheuse, pour laquelle présenter son squelette n'aurait «pas eu de sens».

Cet homme d'environ 1,70 mètre «aux cheveux chataîns et raides», à la peau «mate», est décédé «dans la trentaine», détaille M. Delattre.

Sa dentition, quasi parfaite, montre qu'il a «vécu dans un cadre privilégié». Après sa mort, son corps a été traité pour le préserver le temps d'organiser ses funérailles.

Un traitement «probablement réservé à une élite, qui nous montre qu'il s'agit d'un personnage de haut rang», souligne-t-elle.

Avec ce «monument de taille hors norme», la «richesse évidente des objets rassemblés dans la tombe», le terme de prince est d'ailleurs un peu étroit. «Est-ce qu'on ne serait finalement pas en présence d'un roi»?, interroge M. Dubuis.

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