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«On soupçonne toujours la victime» : ce qu'il faut retenir de la première interview de Gisèle Pelicot

«Et la joie de vivre», livre écrit par Gisèle Pelicot, sortira ce mardi 17 février. [Christophe SIMON / AFP]

Plus d'un an après le procès de son ex-mari, Gisèle Pelicot a pris la parole pour la première fois à la télévision mercredi soir. La femme de 73 ans est revenue sur l'affaire des «viols de Mazan» qui a bouleversé le monde entier.

L'un des livres les plus attendus de l'année. À l'occasion de la sortie de ses mémoires le 17 février, Gisèle Pelicot a pris la parole à la télévision ce mercredi, pour la première fois de sa vie, plus d'un an après le procès de son ex-mari Dominique, lors de l'affaire dite des «viols de Mazan». 

Figure centrale de la lutte contre les violences sexuelles, Gisèle Pelicot n'a éludé aucun sujet, notamment le moment où elle a appris que son mari la violait et la faisait violer depuis de nombreuses années : «Je ne me reconnais pas sur ces photos. J’ai dit : “Ce n’est pas moi”. Puis j’ai mis mes lunettes, et là, j’ai vu cette femme inanimée avec un homme qu’elle ne connaissait pas sur son lit. Je crois qu'à ce moment-là mon cerveau a fait une dissociation. Je n'entends plus ce qu'on me dit», a-t-elle déclaré dans l'émission La Grande Librairie sur France 5. 

Il lui a fallu plusieurs heures pour prendre conscience des faits : «Il m'a fallu 5 ou 6h, le temps que je rentre chez moi, que j'appelle une amie».

«LA HONTE DOIT CHANGER DE CAMP»

Avec son livre «Et la joie de vivre» qui sortira le 17 février, Gisèle Pelicot veut faire passer un message : «La honte doit changer de camp». C'est pour cette raison qu'elle a changé d'avis à propos du huis clos lors du procès : «Oui il fallait qu'elle change de camp parce que c'est toujours la victime qui a honte et ce n'est pas aux victimes d'avoir honte. Les victimes peuvent tenir debout et c'est aux accusés d'avoir honte. Nous avons découvert leur nom, leur prénom, leur profession. Quand on rentre dans cette salle d'audience en tant que victime, on est forcément coupable. On soupçonne toujours la victime», a-t-elle expliqué. 

Gisèle Pelicot a également abordé sa situation familiale, largement chamboulée par cette affaire. Sa relation avec sa fille Caroline s'améliore lentement, mais son fils David «a besoin de plus de temps», a-t-elle précisé. «J’ai choisi de vivre avec M. Pelicot. Eux, ils n’ont pas choisi leur père, leur situation est donc différente, et je pense que le chemin sera plus long», a-t-elle expliqué. 

D'un point de vue personnel, Gisèle Pelicot a confié avoir refait sa vie avec un homme rencontré en 2023 : «Cette rencontre a été incroyable. J'ai rencontré cet homme qui a lui aussi traversé des épreuves difficiles, et cela a changé nos vies», a déclaré la femme de 73 ans. 

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