Le monument qui trône au centre de la place de la République, dans le quartier éponyme du cœur de la capitale, a été tagué avec des croix gammées et des slogans antisémites ce lundi 16 février.
Des inscriptions immondes. Le monument à la République, œuvre de Léopold Morice située sur la place parisienne éponyme, a été tagué de deux croix gammées ainsi que des slogans antisémites ce lundi 16 février, a constaté l'AFP le même jour. Des appels à la violence figuraient également sur la célèbre statue érigée au milieu de l'esplanade.
Il était notamment écrit «Tuez les Rothschild» en lettres vertes sur le rebord du monument emblématique, sur lequel est encore collé une affiche en noir et blanc en hommage à Ilan Halimi, jeune juif séquestré et torturé à mort en janvier 2006. À la mi-journée, la police municipale occupait les lieux et filmait les dégradations initialement rapportées par le journal Le Parisien.
Contacté par CNEWS, le parquet de Paris nous a indiqué avoir ouvert une enquête, confiée au commissariat du centre, «pour dégradation de bien classé, dégradation aggravée par la circonstance de mention de l’ethnie race ou religion, menace des mort matérialisées, et menace de mort aggravée par la circonstance de mention de l’ethnie race ou religion».
1.320 actes antisémites RECENSÉS en 2025
Ces faits graves sont survenus dans un climat d'augmentation des actes antisémites en France. En effet, si ceux-ci ont diminué de 16% pour atteindre 1.320 actes recensés en 2025, ils «n'ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années» et comptent pour 53% de l'ensemble des faits antireligieux, selon les derniers chiffres dévoilés par le ministère de l'Intérieur, recensant les actes anti-religieux sur l'année passée.
Leur forte hausse ces dernières années fait notamment suite à l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché une guerre à Gaza. Également repérés sur la statue de la République, d'autres tags visaient, eux, à dénoncer les pédocriminels ainsi que l'ex-président de l'Institut du monde arabe Jack Lang, dont le nom est cité dans l'affaire Epstein.
«Je condamne sans réserve ces tags antisémites», a réagi sur X la candidate à la mairie de Paris Rachida Dati. «Face à l'exacerbation des tensions dans notre pays, parfois même attisées par des agents extérieurs, j'appelle les Français et les Parisiens à rester unis pour défendre leurs valeurs, à ne pas céder à la violence», a a ajouté la future ex-ministre de la Culture.