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Assassinat de Samuel Paty : la cour d'assises spéciale de Paris rend son verdict au procès en appel

Le témoignage évolutif du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a retardé un procès dont le verdict était initialement prévu vendredi. [Alain JOCARD / AFP]

Après cinq semaines de débat, la cour d'assises spéciale de Paris doit rendre ce lundi son verdict au procès en appel de l'assassinat du professeur Samuel Paty. Les quatre accusés vont prendre la parole une dernière fois avant le délibéré des sept magistrats professionnels.

Les plaidoiries de la défense se sont achevées samedi soir. Naim Boudaoud, 24 ans, Azim Epsirkhanov, 25 ans, Brahim Chnina, 54 ans, et Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, ont la possibilité de faire une ultime déclaration ce lundi matin, avant que la cour ne se retire pour délibérer.

Les deux plus jeunes accusés sont des connaissances de quartier à Evreux d'Abdoullakh Anzorov, l'islamiste radical tchétchène de 18 ans qui avait décapité le professeur d'histoire-géographie le 16 octobre 2020. Pour rappel, l'enseignant avait montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression au collège du Bois-d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Le parquet général a requis seize ans de réclusion criminelle pour complicité d'assassinat contre Naim Boudaoud et Azim Epsirkhanov. Ils sont accusés d'avoir véhiculé le terroriste et de l'avoir aidé à se procurer un couteau et un pistolet Airsoft. Tous deux contestent avoir eu connaissance du projet d'attentat.

La question de l'intention au coeur des débats

Les avocats des deux jeunes hommes ont longuement insisté sur l'absence, selon eux, d'intention criminelle. Dans une plaidoirie «fouillée et habitée», Me Hiba Rizkallah, avocate de Naim Boudaoud, a invité la cour à s'interroger : «A 18 ans, qu'aurais-je vu» de la dérive jihadiste d'Anzorov ? «Naim Boudaoud ne savait rien», a t-elle affirmé. 

Son confrère, Me Martin Méchin, a dénoncé une accusation fondée sur des suppositions : «Quelles sont les preuves ? Quels sont les éléments ?» soutenant que son client avait été «piégé» et «sacrifié».

De son côté, Me Sarah Valduriez, avocate d'Azim Epsirkhanov, a estimé que le condamner «reviendrait à faire peser sur un innocent la charge émotionnelle d'un crime dont il n'a été ni l'initiateur, ni l'idéologue, ni le complice».

Dans le second volet du procès, les débats se sont concentrés sur la responsabilité de Brahim Chnina, parent d'élève et Abdelhakim Sefrioui, militant islamiste. En première instance, ils avaient été condamnés à treize et quinze ans de réclusion criminelle. Ils n'avaient, selon l'accusation, aucun lien direct avec le terroriste. Vendredi, les avocates générales ont demandé d'alourdir leurs peines à vingt ans de réclusion criminelle.

L'audience d'appel a été émaillé d'incidents : deux magistrates ont été écartées après une contestation de leur impartialité par la défense, et le témoignage évolutif du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a suscité controverse et contentieux et retardé un procès dont le verdict était initialement prévu vendredi.

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