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Procès de l'assassinat de Samuel Paty : 20 ans de prison requis contre les deux auteurs de la campagne de haine en ligne contre l'enseignant

[BERTRAND GUAY / AFP]

Le parquet général a requis en appel, ce vendredi à Paris, 20 ans de réclusion criminelle contre les deux auteurs d'une campagne de haine visant l'enseignant Samuel Paty, lancée avant sa décapitation par un jihadiste tchétchène pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression.

Rejugés depuis fin janvier par la cour d'assises spéciale de Paris, Brahim Chnina, 54 ans, et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, qui avaient interjeté appel de leur condamnation en première instance à 13 et 15 ans de réclusion criminelle, ont pris connaissance ce vendredi des réquisitions du parquet général. 

En effet, ce dernier a requis 20 ans de réclusion criminelle contre ces deux personnes accusées d'être à l'origine d'une campagne de haine à l'encontre de Samuel Paty. L'accusation a également demandé d'assortir cette peine d'une période de sûreté des deux-tiers (durant laquelle aucun aménagement de peine ne sera possible). 

Avant la décapitation de l'enseignant d'histoire-géographie par un jihadiste tchétchène, Abdoullakh Anzorov, le 16 octobre 2020, près du collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Brahim Chnina avait appelé à s'en prendre au professeur de 47 ans, tout en étant entré en contact avec l'assassin et en l'appelant neuf fois entre le 9 et le 13 octobre. Quant à Abdelhakim Sefrioui, il lui est reproché d'avoir diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux qui avait fait exploser la situation et amplifié le danger sur Samuel Paty, selon l'accusation.

Deux autres proches d'Anzorov également rejugés

Si huit personnes avaient été condamnées en première instance, la moitié avait interjeté appel. En plus des cas de Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui, le parquet général doit aussi prendre ses réquisitions contre deux proches d'Abdoullakh Anzorov, un jihadiste de 18 ans qui, après le crime, avait été abattu par la police qu'il menaçait. 

Condamnés en première instance à 16 ans de réclusion criminelle pour complicité d'assassinat, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, encourent la perpétuité. 

Naïm Boudaoud avait notamment conduit le terroriste et assassin de Samuel Paty à proximité du collège de Conflans-Saint-Honorine. La veille du crime, il l'avait aussi accompagné pour acheter un couteau en présence d'Azim Epsirkanov, autre ami d'enfance du terroriste, qui a lui aussi fait appel. 

Le crime a traumatisé la communauté enseignante et avait jeté l'effroi dans un pays alors sous tension: au moment des faits, Al-Qaïda venait de menacer de nouveau la France après la republication de ses caricatures par Charlie Hebdo à l'occasion du procès des attentats de janvier 2015.

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