Le Conseil constitutionnel a validé un nouveau mode de scrutin pour les élections municipales à Paris, Lyon et Marseille. Désormais, les électeurs vont participer à plusieurs votes, jusqu’à trois en même temps pour les Lyonnais. Un défi logistique et pédagogique.
C’est une nouveauté pour 2026. À l’occasion des élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains, les électeurs des trois plus grandes villes de France vont voter plusieurs fois pour élire le maire de leur commune, les maires d’arrondissements, mais aussi les conseillers métropolitains, spécifiquement à Lyon. Une organisation pour la capitale des Gaules qui constitue un défi logistique et financier.
Paris, Lyon et Marseille sont les trois villes les plus peuplées de France. Leur taille, leur organisation et la diversité de leurs territoires ont conduit le législateur à adopter des règles électorales spécifiques, afin d’assurer une représentation équilibrée des habitants. Ces villes sont divisées en arrondissements (ou secteurs, à Marseille), dotés de conseils et de maires d’arrondissement. Cette organisation vise à rapprocher l’action municipale des habitants, tout en maintenant une gouvernance à l’échelle de la ville.
La loi dite PLM pour «Paris, Lyon, Marseille», fixe les règles d’organisation administrative et électorale propres dans ces trois grandes villes. Elle détermine notamment : le découpage en arrondissements ou secteurs ; les modalités d’élection des conseillers municipaux ; et la façon dont sont élus les maires de ces villes. Mais une réforme de cette loi a été promulguée le 11 août 2025. Les électeurs sont désormais invités à effectuer plusieurs votes, et notamment trois à Lyon.
Trois bulletins pour trois élections, le même jour
En effet, en plus de voter pour leurs conseillers d'arrondissement et leurs conseillers municipaux, les Lyonnais seront aussi appelés à voter pour leurs conseillers métropolitains. Pourquoi ? En raison du statut particulier de la métropole de Lyon. Depuis 2015, elle exerce sur son territoire toutes les compétences assurées auparavant par la communauté urbaine de Lyon et le département du Rhône.
Concrètement, les électeurs lyonnais disposeront d’un bulletin beige pour la mairie centrale, d’un bulletin bleu pour le maire d’arrondissement, et d’un bulletin jaune pour la Métropole. Ils devront donc glisser trois bulletins dans trois urnes différentes, un cas unique en France et un défi logistique et financier, avec le nombre beaucoup plus important de bulletins, d’assesseurs et de personnel de sécurité.
Des nouveaux enjeux
L'objectif de cette réforme était de simplifier le «mille-feuille territorial» en supprimant l'échelon départemental. Mais cette expérimentation n'a jamais été généralisée à d'autres collectivités françaises. La concomitance de ces trois élections a pour conséquence de former des tickets : Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli pour la droite et le centre ; Grégory Doucet et Bruno Bernard pour la gauche à l'exception de LFI, ce qui modifie concrètement les enjeux des scrutins.
À Paris, Lyon et Marseille, la nouvelle loi prévoit que, pour l'élection des conseillers municipaux et des conseillers de Paris, la liste qui obtient la majorité absolue au premier tour ou celle qui arrive en tête au second tour emporte une prime majoritaire qui s'élève à 25% des sièges (dans les autres communes, la prime majoritaire est de 50%). Les sièges restants sont ensuite attribués entre les listes qui ont obtenu au moins 5% des suffrages au scrutin proportionnel à la plus forte moyenne.