Dix ans après la disparition de Narumi Kurozaki, Nicolas Zepeda, son ex-petit ami, suspecté de l'avoir tuée, sera fixé sur son sort ce jeudi dans le Rhône. Trente ans de prison ont été requis à son encontre.
Une nouvelle condamnation pour Nicolas Zepeda ? Déjà condamné à deux reprises par la justice à 28 ans de prison pour le meurtre de son ex-petite amie Narumi Kurozaki, Nicolas Zepeda avait profité d'un vice de procédure pour faire annuler le verdict. L'homme fera son retour devant la cour d'assises du Rhône ce jeudi afin d'être fixé sur son sort. Une peine de trente ans de prison a été requis à son encontre hier, mercredi.
Dans son réquisitoire, Vincent Auger, l'avocat général de la cour d'assises du Rhône, a estimé que l'accusé a «assassiné» l'étudiante Narumi Kurosaki dans la chambre de sa résidence universitaire, avant d'immerger son corps dans une rivière parce qu'il n'a «pas supporté» qu'elle l'éconduise pour un nouvel amoureux.
Aujourd'hui âgé de 35 ans, Nicolas Zepeda, a toujours clamé son innocence. «Je ne l'ai pas tuée, je l'aimais profondément», a-t-il encore dit mercredi. Confronté à des indices confondants, il a toutefois reconnu avoir menti à de nombreuses reprises au cours des dix dernières années. Le corps de Narumi Kurosaki n'a jamais été retrouvé.
un homme narcissique et possessif
Pour l'accusation, Nicolas Zepeda a commis un «féminicide» prémédité faute d'avoir pu reconquérir le coeur de Narumi qui avait un nouveau petit ami français.
Une psychologue qui a analysé l'accusé en 2020 a décrit un homme «très narcissique», habité par une «très haute opinion de lui-même» et animé par la «recherche du contrôle total de l'autre», de Narumi en particulier. En perdant ce contrôle, il a pu ressentir «de la jalousie et de la colère de se sentir diminué». «Mis au placard», a de son côté déclaré Nicolas Zepeda à la barre.
L'experte a cité notamment une vidéo et des emails menaçants qu'il a envoyés en octobre 2016 à Narumi, qui «aura un petit coût à payer» pour les «mauvaises choses» qu'elle a faites. Il lui fixe un ultimatum de deux semaines pour se conformer à des «conditions» : «devenir une meilleure fille», ne jamais «causer de problèmes», ne plus jamais «négocier quoi que ce soit».
Une «possessivité» et une «violence psychologique qui consiste à vouloir annihiler la personnalité de l'autre», a conclu l'experte. Un «ultimatum glaçant», a renchéri Sylvie Galley, l'avocate de la famille de Narumi.
des indices accablants
En plus de son profil psychologique, certains éléments matériels de l'enquête accablent Nicolas Zepeda. En effet, celui-ci aurait acheté, le 1er décembre 2016, un bidon de 5 litres d’un produit combustible, des allumettes et un pulvérisateur de détergent à l’eau de javel. De plus, le bornage de ses voiture et téléphone a attesté qu'il était resté dans la chambre de la victime plus de 24 heures.
D’autres indices qui intriguent les enquêteurs. Les jours suivants sa «disparition», Narumi avait envoyé des emails et messages «incohérents» à son compagnon français, à son université et à ses amis afin de les rassurer. Elle affirmait être à Lyon pour renouveler son visa. Or, il s’agit d’une formalité qui révèle du consulat japonais de Strasbourg.
Plus encore, le 6 décembre, un billet de TGV Besançon-Lyon au nom de Narumi Kurosaki aurait été acheté en ligne depuis un centre commercial, où Nicolas Zepeda se trouvait. Un train que la victime n’a jamais pris selon des passagers du même wagon.