Le projet de l’actualisation de la loi de programmation militaire doit être présenté ce mercredi 8 avril en Conseil des ministres. Les crédits budgétaires dédiés à la Défense seront portés à 436 milliards d’euros pour la période 2024-2030.
Face au contexte géopolitique, la Défense française riposte. Initialement prévue pour la fin de l’automne 2025, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, avait annoncé en décembre dernier que l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 avait été reportée. Le projet de loi doit désormais être présenté ce mercredi 8 avril en Conseil des ministres.
Cette actualisation de la LPM avait été jugée nécessaire, en raison d’une rallonge budgétaire supplémentaire souhaitée par le président de la République, Emmanuel Macron. Avec cette actualisation, le projet de loi devrait voir ses fonds augmenter de 36 milliards d’euros, portant la somme totale des crédits budgétaires dédiés à la défense du pays à 436 milliards d’euros.
«Notre effort de défense va continuer parce que l’accélération des périls commande d’accélérer le réarmement de la France. Tous ces efforts concourent à nous rendre prêts à la hauteur des périls», avait expliqué Emmanuel Macron lors de sa présentation de ses vœux aux armées sur la base aérienne d’Istres, le 15 janvier dernier.
Pour rappel, dès 2022, l’armée demandait déjà lors de la préparation de la PLM une enveloppe de 430 milliards d’euros.
«montrer que la France est capable de se défendre»
«L'Europe se réarme. La situation mondiale est une situation qui a beaucoup changé. Les dividendes de la paix sont terminés. Augmenter le budget, nous le faisons évidemment pour augmenter notre sécurité, pour quelque part montrer que la France est capable de se défendre», avait fait valoir également Catherine Vautrin.
À son arrivée à l'Élysée en 2017, le budget annuel des armées s'élevait à 32 milliards d'euros. Cette année, il devrait atteindre 57,1 milliards, puis 63,3 milliards en 2027, année du départ de l’Élysée d'Emmanuel Macron. En 2030, ce dernier devrait s’élever à 76,3 milliards d’euros, sauf si le prochain président de la République souhaite une nouvelle actualisation de la LPM.
Ces 36 milliards d’euros supplémentaires serviront notamment à financer «trois grandes priorités», avait détaillé le président : renforcer les stocks de munitions, garantir la souveraineté nationale avec des systèmes d’alerte avancée basés sur satellites et radars, et améliorer la protection des militaires, l’efficacité des frappes et la multiplication du nombre de drones.
Parmi les nouvelles acquisitions, l’armée de l’air disposera d’une flotte de six avions de transport tactique A400M supplémentaires ainsi que de deux Mirage 2000D rénovés.
Toutefois, en dépit de tous ces crédits, les formats des armées, fixés par le Livre blanc de 2013, ne devraient pas changer : 225 Rafale, dont 185 pour l'armée de l'air, 15 frégates de premier rang, un porte-avions, trois porte-hélicoptères, six sous-marins nucléaires d'attaque, 200 chars Leclerc, 67 hélicoptères d'attaque.