Lors d’un débat à Montreuil, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a appelé les responsables de gauche à ne plus éluder la question de la désignation d’un candidat commun pour 2027, ciblant indirectement Raphaël Glucksmann et Boris Vallaud, opposés à cette stratégie.
Les tensions s’accentuent à gauche, à un an des présidentielles 2027. Ce samedi 11 avril, à Montreuil, lors d’une table ronde, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a relancé un débat qui fracture profondément son camp : celui de la primaire pour désigner un candidat unique en vue des prochaines élections présidentielles.
La gauche «ne peut pas en permanence éviter la question» de la primaire, a-t-il regretté devant Raphaël Glucksmann et Boris Vallaud, opposés à la stratégie prônée par le premier secrétaire du PS pour 2027.
Une gauche divisée face à la menace de l’extrême droite
Organisé par le sénateur Ronan Dantec et son mouvement Ensemble sur nos territoires (ESNT), à l'initiative d'une «Plateforme de la social-écologie», l'événement se voulait uniquement porter sur le fond du débat et le programme. Mais malgré les intentions affichées, les discussions ont rapidement dérivé vers la question de la primaire.
«On pourra faire autant de colloques que l'on voudra, on pourra se réunir aussi souvent qu'il le faudra, si à un moment nous n'arrivons pas à faire en sorte qu'il n'y ait pas cinq, six, sept ou huit candidats de gauche au premier tour, et bien nous perdrons et l'extrême droite l'emportera», s'est agacé Olivier Faure, s'adressant aux autres dirigeants.
«Cette responsabilité-là, nous l'avons en commun et nous devons évidemment la gérer et ne pas être en permanence à éviter la question», a-t-il ajouté.
La primaire comme «éléphant dans la pièce»
Si Boris Vallaud et Raphaël Glucksmann s'en sont tenus aux consignes, refusant de rentrer dans le débat du processus de désignation d'un candidat à gauche, d’autres voix se sont toutefois fait entendre.
L’écologiste Yannick Jadot a appelé, de son côté, à repartir d'un «projet». «Un processus de désignation, ça n'est pas un projet politique. Un processus ne règle pas les problèmes. Arrêtons de poser le casting comme la précondition de notre rassemblement, parce que sinon ce sera l'échec», a-t-il lancé en réponse à Olivier Faure.
La primaire, «c’est l’éléphant dans la pièce», a également insisté la députée Léa Balage El Mariky, favorable, comme Marine Tondelier, à une primaire des unitaires allant de François Ruffin à Olivier Faure en passant par Clémentine Autain.
Par ailleurs cette dernière a vivement critiqué les tensions internes entre socialistes, dénonçant «un Congrès N.2 dans les médias» à l’attention des dirigeants du PS et des anti-primaires porté par Boris Vallaud.