Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est inquiété ce vendredi d'une «démobilisation» des députés «préoccupante», après l'échec jeudi d'un projet de loi sur l'assurance-chômage, et à l'issue d'une semaine de tensions entre le gouvernement et ses troupes à l'Assemblée.
«Est-ce qu'il y a une démobilisation à l'Assemblée nationale qui est préoccupante ? La réponse est oui», a déclaré le Premier ministre ce vendredi depuis Matignon, évoquant l'échec d'un texte concernant un accord sur l'assurance-chômage, en raison d'une meilleure mobilisation des Insoumis face au camp gouvernemental.
«Il se passe quelque chose de grave (...) vous avez la démocratie sociale qui fonctionne. Vous avez patronat et syndicats salariés qui trouvent un accord (...) Et c'est la démocratie parlementaire qui met en échec un accord», a-t-il continué.
«Suis-je inquiet pour mon pays ? Un peu»
Les groupes LFI, écologiste et communiste ont repoussé le texte jeudi en fin de journée, par 77 voix contre 32, le camp gouvernemental n'ayant réuni que 19 députés en face (12 pour l'alliance RN-UDR). Le Premier ministre a en revanche réfuté toute «impuissance» du gouvernement à faire passer ses textes : «Est-ce que le gouvernement se sent impuissant ? Non. Est-ce que, comme chef du gouvernement, je suis inquiet pour mon pays ? Un peu, pour pas dire plus, ça c'est absolument certain».
Cet échec sur l'assurance-chômage au moins temporaire (Sébastien Lecornu ayant annoncé une deuxième lecture à venir) conclut une semaine de tensions entre Matignon et les parlementaires en soutien du gouvernement. Sur la question du travail le 1er-Mai, le gouvernement a renoncé à convoquer une réunion entre députés et sénateurs pour faire avancer un texte permettant aux salariés de certaines professions de travailler ce jour férié, alors que le texte était initié par ses propres troupes, et avec le soutien du gouvernement.
Plusieurs députés du camp gouvernemental, y compris Gabriel Attal, patron du groupe Ensemble pour la République, avaient alors déploré un recul de l'exécutif. Le Premier ministre a par ailleurs annoncé que le travail de salariés des boulangeries et fleuristes indépendants ferait l'objet d'une tolérance cette année, tout en ajoutant qu'un véritable projet de loi était en préparation sur le sujet.