Travailler tout en touchant sa pension, c'est bientôt fini dans les mêmes conditions. Le PLFSS 2027 acte un durcissement majeur du cumul emploi-retraite, avec une entrée en vigueur fixée au 1er janvier 2027.
De gros changements à venir... Le 1er janvier 2027, le PLFSS 2027 marquera une révision plus sévère du cumul emploi-retraite. Les travailleurs ne pourront plus exercer tout en touchant une pension, dès le début de l'année prochaine.
Le Parlement a validé une disposition clé du budget de la Sécurité sociale qui modifie en profondeur les règles du jeu. Objectif affiché par l'exécutif : mettre fin aux «effets d'aubaine» jugés coûteux pour les finances publiques.
Concrètement, la mesure s'applique uniquement aux assurés dont la première liquidation de pension intervient à compter de cette date. Bonne nouvelle toutefois : le principe de non-rétroactivité protège ceux qui bénéficient déjà du dispositif. Si vous êtes déjà à la retraite et que vous travaillez, rien ne change pour vous.
Pour les actifs qui préparent leur dossier en revanche, le changement est de taille. La réforme vise directement ceux qui liquident leur retraite dès l'âge légal pour reprendre immédiatement une activité professionnelle. Le nouveau calcul prévoit que le montant de la pension versée sera réduit proportionnellement aux revenus d'activité repris. Selon les experts, cette formule annule quasiment systématiquement le gain financier de l'opération, rendant le retour à l'emploi financièrement neutre, voire perdant.
67 ans, le nouveau seuil pour cumuler sans pénalité
Ce mécanisme de décote redessine complètement les stratégies de fin de carrière. L'âge de 67 ans, âge d'annulation de la décote, devient le véritable pivot. Une fois ce cap franchi, la déduction est levée et le cumul redevient intégral. En clair, il sera désormais plus avantageux de continuer à travailler sans liquider sa retraite, plutôt que de subir cette ponction.
Le dispositif, qui avait été assoupli par la loi du 14 avril 2023 pour devenir créateur de droits, fait donc marche arrière. Avant toute décision, une consultation auprès de sa caisse de retraite reste indispensable, d'autant que des exceptions peuvent exister pour les travailleurs indépendants ou ceux relevant de régimes spécifiques.