Le 14 avril dernier, 192 passagers devaient s’envoler pour Marrakech, mais leur vol Ryanair est parti sans eux suite à un manque d’agents de sûreté. À ce jour, aucun d’entre eux n’a été indemnisé.
Cloués au sol en raison d’arrêts maladie. Le mardi 14 avril dernier, un vol de la compagnie aérienne Ryanair devait s’envoler pour Marrakech, au Maroc, avec à son bord 192 passagers. Si le vol a bel et bien décollé, les passagers, eux, sont restés sur place.
Bloqués à l’aéroport de Vatry, dans la Marne, ils n’ont pas pu embarquer faute d’agents de sûreté, chargés du contrôle des bagages et du filtrage des départs, comme l’a rapporté Ici Grand Est. La majorité du personnel manquant, employé par l’entreprise prestataire Securus, s’était mise en arrêt maladie dès le matin même.
Auprès de nos confrères, le directeur de l’aéroport, Fabrice Pauquet, a assuré avoir été pris de court par la situation. «Au moment de l’ouverture de l’enregistrement, aucune équipe de sûreté n’était présente. Nous avons appelé pour comprendre ce qui se passait, et c’est à ce moment-là que nous avons appris qu’ils étaient tous en arrêt maladie», a-t-il expliqué.
Il ajoute que, le jour même, la direction générale de Securus lui a indiqué qu’il était impossible d'envoyer une nouvelle équipe sur place à temps, condamnant ainsi les passagers à rester à l’aéroport et à voir leur vol partir sans eux.
À ce jour, aucun passager n’a été remboursé. Pire, les trois parties impliquées – l’aéroport, Securus et Ryanair – se renvoient la balle.
Ryanair refuse d’indemniser les passagers
Selon le directeur de l’aéroport, il revient à Ryanair d’indemniser les passagers et non à l’aéroport. «S'il y a des frais engendrés, ils sont alors répercutés sur l'exploitant, qui lui-même répercutera sur son prestataire qui n'a pas effectué ce qu'il devait faire.»
De son côté Ryanair soutient qu'«en raison d'une grève des agents de sécurité à l'aéroport de Paris-Vatry (le 14 avril), les passagers n'ont pas pu embarquer sur ce vol reliant Paris-Vatry à Marrakech. Les passagers concernés ont été avertis par SMS et notifications push et informés des possibilités de report.»
Ryanair estime que cette situation n’entre pas dans ses conditions de remboursement et refuse donc toute indemnisation.
«Ils nous répondent qu'aucune indemnisation n'est possible en cas de grève. Alors que ce n'est pas une grève!», a confié une passagère auprès d’Ici Grand Est.
Nos confrères ont par ailleurs contacté directement la compagnie aérienne, qui leur a indiqué qu’un passager ne peut prétendre à une indemnisation que si «le vol est annulé pour une raison indépendante de (leur) volonté».
Sur son site internet, la compagnie cite par exemple « une grève des contrôleurs aériens, des conditions météorologiques défavorables ou une urgence médicale», soit des événements qui «n'auraient pas pu être évités même si toutes les mesures raisonnables avaient été prises».
Sécurus n’a, de son côté, pas souhaité réagir.