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«Je l’assimile à de la drogue» : le chef Yannick Alléno s’attaque au protoxyde d’azote et ses pratiques commerciales douteuses

L’association Antoine Alléno, représentée par le chef cuisinier Yannick Alléno, a annoncé l’introduction d’une action en justice contre deux fabricants de protoxyde d’azote. Elles sont soupçonnées de «pratiques commerciales trompeuses» à des fins récréatives pour les jeunes. 

«C’est un sujet extrêmement préoccupant». Depuis le Pavillon Ledoyen, dans le 8e arrondissement de Paris, le chef cuisinier Yannick Alléno a annoncé le lancement, par le biais de son association Antoine Alléno, du nom de son fils, d’une action en justice contre deux sociétés qu’il accuse de pratiques déloyales dans la vente de bonbonnes de protoxyde d’azote. 

Il s’agit d’une action de groupe, menée par son association et des victimes et des proches, contre IVM Firma Handlowa, société polonaise, principal opérateur de la marque Cream Deluxe, un des leaders européens de la distribution de protoxyde d’azote, et l’entreprise chinoise Zhuzhou Xingye Chemical, responsable de leur fabrication et leur commercialisation. 

Lors de sa prise de parole, le chef Yannick Alléno a reproché à ces sociétés de pratiques commerciales trompeuses. «Ces bonbonnes de protoxyde d’azote sont destinées par nature à un usage détourné», a-t-il indiqué. 

En effet, l’action de groupe cible les bonbonnes de 666 grammes et les «tanks» de 2.000 grammes de la marque Cream Deluxe. «Elles sont inadaptées techniquement à un usage culinaire ou à des fins de mixologie», a-t-il déclaré, montrant les cartouches, de «8 grammes», utilisées dans les cuisines françaises.

©DR

Une stratégie commerciale pointée du doigt 

Selon la loi du 1er juin 2021, la vente de bonbonnes et de tanks de protoxyde d’azote est interdite aux particuliers, quel que soit leur âge. L’association Antoine Alléno accuse cependant la société Cream Deluxe de faire croire que la vente de ces produits serait licite. 

«Le site utilise délibérément les codes visuels et un vocabulaire renvoyant à la fête et aux loisirs», a analysé l’avocat Benoît Javaux, présent au côté de Yannick Alléno. «Ils parlent de «Lady Killer» ou de «Love66», ce discours commercial cible les jeunes, il incite à l’inhalation du protoxyde d’azote».

Une intervention du gouvernement

Dans son assignation, l'association demande au tribunal judiciaire de Paris de condamner les entreprises à cesser leurs activités en France, sous peine d'une astreinte financière, et à verser 25.000 euros à l'association pour ses frais de justice. 

Le chef Yannick Alléno a de son côté appelé le gouvernement à publier le décret établissant la liste des substances psychoactives constitutives du délit d'homicide routier, dont le protoxyde d'azote. Au cours de l’année 2025, 450 accidents routiers graves liés à ce que l’on appelle également «gaz hilarant» ont été recensés. Une proportion importante de jeunes ont reconnu avoir consommé cette substance avant ou pendant la conduite. 

Dans le détail, l’association demande au tribunal judiciaire de Paris de condamner les sociétés à cesser de «promouvoir et de proposer à la vente des bonbonnes et tanks de protoxyde d’azote Cream Deluxe aux particuliers situés en France». Elle invite également le ministère public à «intervenir en tant que partie jointe à la procédure» pour «solliciter le prononcé d’une amende civile». 

Le gouvernement a également le protoxyde d’azote dans le viseur. Dans son projet de loi «Ripost», qui sera présenté au Sénat en mai, l’exécutif prévoit de faire de son inhalation un délit passible d'une peine allant jusqu'à un an d'emprisonnement et de 3.750 euros d'amende, et de punir jusqu'à trois ans de prison et 9.000 euros d'amende la conduite sous son emprise.

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