Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Protoxyde d'azote : 14% des 18-24 ans l'ont déjà expérimenté en Île-de-France

La consommation de protoxyde d’azote est très dangereuse pour la santé. [PAT BATARD / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP]

Ce mercredi, la Région Île-de-France a publié un plan d’action à destination des maires afin de lutter contre la consommation de protoxyde d’azote. S'il s’agit de l’une des substances les plus répandues chez les jeunes, les chiffres sont inquiétants sur ce territoire. 

Un danger au quotidien. Pour lutter contre les ravages du protoxyde d’azote en Île-de-France, la Région a créé un guide d’action qu’elle a communiqué aux maires ce mercredi. Le plan fait part de chiffres particulièrement inquiétants. 

En effet, selon ce guide d’action, le protoxyde d’azote est notamment «la seule substance psychoactive pour laquelle la consommation chez les jeunes de 17 ans est significativement plus élevée en Île-de-France que dans le reste de la France». 

«14% des 18-24 ans l’ont déjà expérimenté» et plus inquiétant encore, «60% des usagers ont entre 18 et 24 ans», faisant ainsi du protoxyde d’azote la substance la plus consommée chez les jeunes après le cannabis et le poppers. 

Par ailleurs, «le nombre de signalements a été multiplié par trois entre 2020 et 2023» et 10 % de ces signalements «concernaient des mineurs». Pour Valérie Pécresse, présidente de la Région, «le protoxyde d’azote est un véritable fléau qui frappe de plein fouet les jeunes». 

«La mobilisation des maires est essentielle. Chacun, à son niveau, peut contribuer à enrayer ce fléau et à mieux protéger notre jeunesse», a-t-elle ajouté. 

Quels risques pour la santé ? 

Si la consommation de protoxyde d’azote peut paraître anodine, elle est pourtant très dangereuse pour la santé, même lorsqu’elle est occasionnelle. 

Le plan a par ailleurs rappelé qu’elle pouvait provoquer des traumatismes, des chutes graves, des conduites addictives, des troubles neurologiques et cognitifs, des symptômes cardio-vasculaires ou encore des complications psychiatriques. 

Sur la route, le protoxyde d’azote a aussi des conséquences. Selon un bilan provisoire de l’accidentalité routière en 2025, publié en début d’année par la Sécurité Routière, de «trop nombreux» accidents ont été «causé par l'usage détourné» de ce gaz hilarant. 

Enfin, la consommation de protoxyde d’azote présente également un risque pour l’environnement en raison de la pollution qu’elle cause et des «coûts élevés de nettoyage» qu’elle entraîne avec les «plusieurs tonnes de bonbonnes collectées chaque année dans certaines métropoles». 

Comment agir localement ? 

Face à tous ces risques, le plan a indiqué aux maires comment lutter contre le protoxyde d’azote à leur échelle. 

Il leur est ainsi recommandé de sensibiliser en milieu scolaire, notamment dans les collèges et les lycées, de solliciter l’intervention de structures médicosociales, d’organiser des campagnes ciblées, d’informer les parents, de dialoguer avec les commerçants sur le cadre légal de la vente de protoxyde d’azote ou encore d’inscrire les bonnes pratiques dans une charte locale. 

Les élus peuvent également «réglementer la consommation dans l’espace public», «encadrer les horaires de vente sur le territoire communal» et «prendre des arrêtés ciblés et proportionnés». Ils peuvent notamment s’appuyer sur leurs polices municipales pour contrôler et verbaliser les infractions. 

Par ailleurs, en collaboration avec les Agences régionales de santé Hauts-de-France, la Région a réalisé une nouvelle campagne de prévention : «Le proto, c’est trop risqué d’en rire». 

Elle va notamment être «diffusée par voie d’affichage dans les espaces fréquentés par les jeunes consommateurs (campus universitaires, missions locales, fast-foods, salles de sport, bars, commerces) ainsi que sur les réseaux sociaux (Facebook, TikTok, Snapchat et YouTube)» et les transports en commun franciliens. 

Quelle prise en charge dans la Région ? 

Dans le cadre de la lutte contre le protoxyde d’azote, la Région dispose d’une «prise en charge multidisciplinaire (médicale, psychologique et sociale)» assez complète. 

Du côté du secteur médico-social, il existe plusieurs Centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), des Consultations jeunes consommateurs (CJC) ou encore des Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD). 

La Région met également à disposition des médecins généralistes, des addictologues libéraux et des MicroStructures médicales addictions (MSMA). 

Enfin, il y a 52 équipes de liaison et de soin en addictologie (ELSA), 50 consultations hospitalières d’addictologie, 102 établissements disposant de lits de sevrage simple et/ou complexe et/ou d’un hôpital de jour en addictologie et 20 unités de soins médicaux et de réadaptation (SMR) orientés en addictologie «postcure» dans l’ensemble de l’Île-de-France.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités