Le député UDR Charles Alloncle a rendu public ce mardi son rapport sur le fonctionnement de l’audiovisuel public. Déplorant un système «en crise», l’élu a détaillé une série de 70 recommandations, afin d’assurer la neutralité et réaliser jusqu’à un milliard d’euros d’économie.
Près de 400 pages avec pour objectif de maîtriser les dépenses et la neutralité de l’audiovisuel public. Fruit de six mois de travaux, d’échanges, parfois houleux, le député UDR Charles Alloncle a rendu public son rapport. Décrié par la gauche, qui a un temps tenté d’empêcher sa diffusion, le texte détaille 70 recommandations.
En premier plan, le rapport du parlementaire de l’Hérault a défini la neutralité. Celui-ci a appelé les salariés de l’audiovisuel public à la vigilance dans leurs «expressions publiques à caractère politique», n’oubliant pas de citer les réseaux sociaux. Charles Alloncle a ainsi demandé la mise en place d’une grille de sanctions et une clause de neutralité dans tous les contrats.
Afin de «renforcer le respect du principe de pluralisme», le rapporteur a préconisé le remplacement des éditorialistes par des personnalités de la «presse privée d’opinion». L’idée étant, selon le député, de «permettre aux auditeurs d’identifier plus clairement leur positionnement éditorial».
Dans un souci de «transparence», le rapport suggère de publier mensuellement la «liste des invités politiques et des thèmes abordés, dans un format accessible au public, afin de renforcer le contrôle citoyen».
Le député propose, de plus, de «généraliser les formations obligatoires et périodiques à la déontologie et aux règles de traitement de l'information pour l'ensemble des personnels journalistiques et éditoriaux du service public». Mais aussi d’instaurer «une double validation systématique» des éléments diffusés à l’antenne.
La suppression de plusieurs chaînes
Dans son rapport, Charles Alloncle préconise également plusieurs ajustements ce qui concerne les chaines et médias qui composent l’audiovisuel public. En effet, le député demande notamment la suppression de la plate-forme «Slash», dédiée aux 18-30 ans. L’élu a dénoncé «des contenus militants, incompatibles avec les missions du service public».
Plaidant en faveur d’une «refonte totale ou partielle du fonctionnement des grandes entités du secteur», à «commencer par France Télévisions et Radio France», le parlementaire de l’UDR a proposé la fusion de France Info et France 24 sous la même entité. L’objectif étant, de réaliser une économie de 20 millions d’euros, mais aussi de «créer une chaîne nationale et internationale francophone de premier plan, assurant les missions spécifiques de représentation de la France et de ses intérêts à l’étranger».
Par la même occasion, le rapport mise sur la fusion de France 2 et France 5, afin de créer une grande chaîne généraliste «dont le cahier des charges renouvelé en ferait une chaîne de référence pour l’information et la culture». Un regroupement qui représenterait une économie de 200 millions d’euros par an.
Le rapport détaille aussi des propositions sur les chaines locales. De ce fait, la fusion des réseaux France 3 Régions et ICI, anciennement France Bleu, est préconisée, afin de réaliser, environ, 138 millions d’euros. Il recommande également d’interdire aux salariés d’être à la tête d’une société de production, mais aussi de «mettre fin au système des animateurs-producteurs».
Une réduction du budget des jeux et du sport
Le député suggère de réduire «de trois quart» le budget «des jeux et divertissements afin de réaliser 122,1 millions d’euros d’économies par an», et «concentrer l’offre de l’audiovisuel public sur les programmes populaires et différenciants par rapport à l’audiovisuel privé».
De plus, Charles Alloncle préconise également de réduire «d’un tiers» le budget des sports de France Télévisions et ainsi «réaliser près de 50 millions d’euros d’économies par an».
Un contrôle par la cour des Comptes
Par le biais de ce rapport, le député Charles Alloncle entend réaliser 1 milliard d’euros d’économie par an. Celui-ci défend la mise en place, «tous les 5 ans», d’un contrôle «par la Cour des Comptes des entreprises de l’audiovisuel public.
Mais aussi la publication annuelle, par les entreprises de l'audiovisuel public, d’un rapport détaillé sur leurs pratiques de rémunération, incluant les écarts entre les plus hautes et les plus basses rémunérations.
Comme dernière recommandation, Charles Alloncle souhaite utiliser ce milliard d’euros économisé pour «doubler les crédits du programme budgétaire consacré à l’entretien du patrimoine» et «affecter les 500 millions d’euros restant au désendettement de l’Etat».