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Canicule : voici à quoi ressemblait la grande sécheresse de 1976

Le 14 août 1976, des vaches paissent dans un champ desséché dans le Calvados, en Normandie. [AFP]

La France a récemment subi un épisode caniculaire inédit pour un mois de mai. Ces dernières années, l'Hexagone est en proie à des vagues de chaleur à la fois plus fréquentes et plus intenses, sous l'effet du changement climatique. La sécheresse de 1976 est ancrée dans les mémoires comme l’une des pires qu’ait connu la France.

Sols craquelés, rivières à sec et fourrage introuvable pour les bêtes : les sécheresses se font plus intenses et fréquentes en France depuis la fin du XXe siècle. Entre chaleure infernale et absence totale de pluies, celle de l’été 1976 a été un cauchemar, avec de nombreux morts et des moments difficiles pour l’agriculture et l'élévage français.

«La sécheresse de 1976 a été exceptionnelle sur une échelle de temps court en termes de déficits de précipitations», a souligné Météo-France dans son rapport Climsec de 2011 sur l'impact du changement climatique sur les sécheresses.

De la fin juin à la mi-juillet 1976, des records de chaleur sont battus. Il faut alors remonter à 1921 pour trouver de semblables conditions météorologiques.

une «calamité nationale»

Dès juin 1976, des taxes sont imposées pour empêcher l'exportation de paille et de foin et l'armée est réquisitionnée pour transporter du fourrage vers les régions sinistrées.

Le 12 juillet 1976, à Saint-Gilles-du-Gard, des soldats ramassent du fourrage. © AFP

A Tours, la Loire a la taille d'une modeste rivière. Le 30 juin, le président Valéry Giscard d'Estaing parle d'une «calamité nationale» à laquelle doit répondre la «solidarité nationale».

Le 25 juin 1976, la Loire accuse des profondeurs particulièrement basses. © AFP

Le 25 août, le gouvernement annonce une aide de 2,2 milliards de francs pour l'agriculture, financée par une majoration exceptionnelle de l'impôt sur le revenu, «l'impôt sécheresse». La situation ne s'améliore qu'à partir du mois d'octobre 1976, avec le retour des pluies. 

environ 4.500 personnes décédées

Cette vague de chaleur entraîne la mort d'environ 4.500 personnes, selon une estimation de Santé publique France publiée en avril 2019.

Le 16 juin 1976, en Normandie, une agricultrice se tient dans son étang asséché. © AFP

Ces vagues de chaleur, qui s'observaient en moyenne une fois tous les cinq ans avant 1989, interviennent depuis 2000 tous les ans, a relevé Météo France.

La chaleur écrasante enregistrée fin mai en France est, toutefois, inédite. «Ce qui rend l'épisode actuel particulièrement remarquable, c'est avant tout sa précocité et son extension spatiale» et ce, sur «de larges régions d'Europe occidentale», a indiqué Davide Faranda, directeur de recherche du CNRS en sciences du climat au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE).

Le 26 mai est notamment devenu la journée la plus chaude jamais enregistrée en ce mois depuis le début des mesures réalisées par Météo-France en 1947. Les spécialistes estiment que cet épisode de chaleur intense porte la marque du changement climatique, lequel se traduit en France métropolitaine par une hausse de la température moyenne de 1,9°C depuis l'ère préindustrielle, selon Météo-France.
 

En août 2003, des records de chaleur étaient tombés. A Toulouse, Bordeaux, Limoges ou Montauban, le mercure dépassait les 40 degrés le 4 août, de quoi en faire l'été le plus chaud depuis la mise en place d'un réseau d'observation en France, et le plus meurtrier avec 15.200 morts, selon les données de Santé publique France.

La canicule de 2003 «reste à ce jour la plus sévère jamais enregistrée en France», d’après Météo France, dépassant même en intensité la canicule de 1976.

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