Une orthodontiste qui exerçait seule à Rouen est poursuivie pour avoir abusé de ses fonctions en enchaînant une centaine de patients par jour et en déléguant des activités par des assistants et aides dentaires non habilités.
Elle pouvait prendre jusqu'à 180 patients dans la journée... Une orthodontiste de Rouen poursuivie pour une escroquerie estimée à 2,5 millions d'euros est jugée ce vendredi 5 juin pour escroquerie aggravée et abus de biens sociaux. Elle est déchue de ses fonctions depuis fin janvier.
Sa supercherie a été démasquée par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), qui avait constaté des «anomalies» dans l'activité de cette chirurgienne-dentiste-orthodontiste. La praticienne, exerçant seule, avait obtenu des remboursements de 1,7 million d'euros sur trois ans et déclaré 4.500 clients. Des chiffres élevés, comparés aux autres cabinets du département, qui avaient déclenché une alerte auprès des autorités.
Une enquête a été ouverte auprès de la police judiciaire de Rouen pour escroquerie au préjudice des caisses d'assurance-maladie et exercice illégal de la profession. Il est également reproché à l'orthodontiste d'avoir fait réaliser des soins buccaux, comme des radios ou des empreintes buccales, par des assistants et aides dentaires non habilités, entraînant des remboursements indus.
180 patients par jour, 250.000 euros en espèces...
Des anciens assistants dentaires salariés ont confirmé avoir pratiqué ou avoir vu pratiquer de tels actes, selon le procureur. «C'était vraiment l'usine. Un mercredi j'ai eu 180 patients dans la journée, c'est du jamais-vu. En moyenne on a une trentaine de patients, là il y en avait 180, et tous les mercredis c'était entre 150 et 180 patients», a raconté une ancienne secrétaire dans les colonnes de Radio France.
La chirurgienne-dentiste a été interpellée puis placée en garde à vue le 28 janvier. La perquisition réalisée à son domicile a permis la saisie de 250.000 euros en espèces et 100.000 euros en biens divers, comme des montres et des bijoux, tandis que 850.000 euros ont été saisis sur les comptes bancaires. La chirurgienne-dentiste conteste les faits, ainsi que le préjudice chiffré par la CPAM à 2,5 millions d'euros.