L’ancien maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, est jugé en appel à partir de ce lundi devant la cour d’appel de Lyon. Il avait été condamné en décembre dernier à quatre ans de prison ferme dans l’affaire du chantage à la sextape visant son ancien premier adjoint.
Une affaire qui continue de faire couler beaucoup d’encre. L’ancien maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, est jugé en appel à partir de ce lundi 8 juin devant la cour d’appel de Lyon. Condamné en première instance pour des faits de chantage impliquant une vidéo à caractère intime visant son ancien premier adjoint, l’ex-élu de 53 ans espère obtenir l’infirmation d’un jugement qui l’a conduit en détention.
Le 1er décembre 2025, le tribunal correctionnel de Lyon l’avait condamné à quatre ans de prison ferme ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité. Les magistrats avaient alors évoqué des faits «d’une extrême gravité», soulignant le manquement aux devoirs de «dignité» et d’«exemplarité» attachés à sa fonction d’élu.
En raison de l’exécution provisoire de sa peine, Gaël Perdriau n’a pas bénéficié de l’effet suspensif habituellement lié à un appel. Incarcéré à la suite du jugement, il a finalement été remis en liberté sous contrôle judiciaire au début du mois de mars, dans l’attente de ce nouveau procès.
«Innocent de tout», selon sa défense
L’ancien maire continue de contester l’ensemble des accusations portées contre lui. Son avocat, Me Jean-Félix Luciani, affirme que le jugement rendu en première instance ne reflète pas la réalité des faits et soutient que son client est «innocent de tout». La défense entend notamment contester les condamnations pour association de malfaiteurs, chantage et détournement de fonds publics.
Au cœur du dossier figure une vidéo intime concernant Gilles Artigues, alors premier adjoint de la ville. Selon l’accusation, ce document a été utilisé dans le but de faire pression sur l’élu.
Lors du premier procès, trois anciens collaborateurs de la mairie, eux aussi condamnés, ont désigné Gaël Perdriau comme le commanditaire du dispositif mis en place contre Gilles Artigues.
L’affaire, révélée en 2022, avait profondément ébranlé la vie politique locale. Malgré la procédure judiciaire en cours, Gaël Perdriau était resté en fonction pendant plusieurs années avant de quitter son poste à la suite de sa condamnation en première instance.
La cour d’appel de Lyon doit désormais réexaminer l’ensemble du dossier.