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Près d’un million d’images pédopornographiques et 120 victimes : quatre hommes jugés à Orléans à partir de lundi, certains pour viols sur mineurs

Quatre hommes soupçonnés d'avoir appartenu à un réseau pédocriminel en ligne sont jugés ce lundi devant la cour criminelle du Loiret. Le verdict est attendu vendredi prochain. 

Ce lundi 8 juin s’ouvre, à Orléans, le procès de quatre hommes soupçonnés d'avoir appartenu à un réseau pédocriminel en ligne. Âgés de 37 à 64 ans, ils comparaissent devant la cour criminelle du Loiret. Deux d’entre eux sont également poursuivis pour des viols sur mineurs. Le verdict est attendu vendredi. 

Initiée en 2022, une enquête de longue haleine a mis au jour plusieurs groupes utilisant des messageries chiffrées afin d’échanger des contenus pédopornographiques et entrer en contact avec des mineures. Une infiltration des gendarmes de la section de recherches d'Orléans a permis le démantèlement de ces groupes, qui opéraient notamment sur ICQ, Snapchat ou Telegram. 

930.000 fichiers pédopornographiques 

Les investigations ont conduit à l'arrestation de six personnes entre les mois d’avril et novembre 2023. Quatre d’entre eux sont envoyés devant la cour criminelle du Loiret. Ils sont notamment suspectés de consultation, détention et diffusion d'images pédopornographiques. Au total, les perquisitions ont permis la découverte de plus de 930.000 fichiers pédopornographiques, photos et vidéos comprises.

Les quatre hommes sont également soupçonnés d'avoir utilisé de faux profils pour approcher leurs victimes. Deux des mis en cause comparaissent également pour des viols commis sur des mineurs de moins de quinze ans. Selon un document judiciaire, l’un d’entre eux a reconnu lors d'une audition être «un chasseur, un prédateur».

Parmi les six individus initialement interpellés, l'un d'eux s'est suicidé en détention provisoire. Un autre, arrêté en Belgique en novembre 2023 en état de récidive, a été condamné début 2025 à une peine de dix ans de prison. 

Le «grooming» au cœur du mode opératoire

Les investigations menées par les gendarmes ont mis en évidence un fonctionnement en réseau. Organisés sans hiérarchie formelle, ces groupes étaient structurés autour d'administrateurs et d'utilisateurs actifs partageant massivement des fichiers.

La découverte, sur le darkweb, d’une vidéo de viol d'enfant en langue française par les autorités australiennes, a également permis la saisine de l'Office français de lutte contre les violences faites aux mineurs (OFMIN).

Ces groupes usaient notamment de la méthode du «grooming», de plus en plus utilisée pour piéger les mineurs sur Internet. Cette pratique consiste à mettre en confiance des jeunes victimes, dans l’objectif d'obtenir, des images ou vidéos à caractère sexuel, sous une apparence de consentement.

Selon la gendarmerie, les membres les plus actifs recourent, eux, à d’autres méthodes, telles que des «vidéos réalisées dans des lieux publics» ou des «agressions de fillettes de leur entourage». En outre, «des paris étaient organisés entre membres du réseau sur celui qui obtiendrait le premier une image dénudée d'une jeune mineure», souligne L'association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE). 

120 victimes détectées, dont 21 Françaises

Au total, 120 victimes ont été recensées. Parmi elles, 21 Françaises âgées de 3 à 15 ans ont été identifiées. Toutes ont été entendues, a précisé la gendarmerie du Loiret.

«J'attends de voir lors de l'audience comment les accusés vont réagir face à leurs agissements», a déclaré affirme Maître Elena Campario, avant l’ouverture du procès. Cette dernière représente une jeune victime, agressée et violée à de multiples reprises par un homme âgé de 64 ans. 

S’il n'a jamais avoué, l’homme a filmé «plusieurs dizaines de fois ses agissements», a indiqué Me Elena Campario affirmant que cela rajoute «encore de la douleur pour la victime».

Ce dossier «révèle l'existence d'un réseau organisé d'exploitation sexuelle de mineurs, caractérisé par une logique collective de prédation», estime, de son côté, l'association Agir contre la prostitution des enfants. L’ACPE estime que «cette dimension systémique doit être pleinement intégrée dans l'appréciation de la peine».

«Cette affaire interpelle par le nombre de fichiers pédocriminels qui ont circulé, nous sommes proches du million», souligne Me Céline Astolfe, pour La Fondation Pour l'enfance, dont l'objectif «est de porter la voix de toutes les victimes qui n’ont pas été identifiées».

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