Alors qu'un des anciens conseillers de Jean-Michel Aulas est visé par une plainte pour viol, la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, a décidé ce samedi de retirer temporairement les délégations de l'ancien patron de l'OL et de deux autres élus.
Rebondissement dans l'affaire Abreu. Comme révélé par Le Progrès vendredi soir, la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli (LR), a annoncé ce samedi qu'elle retirait temporairement les délégations de Jean-Michel Aulas, (Rayonnement et partenariat métropolitain, innovation), Laure Cédat (Culture, création et initiatives territoriales) et Emmanuel Imberton (Économie, emploi et insertion professionnelle), après une plainte pour viol contre l'ancien conseiller politique de l'ancien patron de l'OL, Romain Abreu.
Dans un entretien au journal lyonnais, Mme Sarselli a expliqué devoir «garantir l'exemplarité et le fonctionnement de l'institution métropolitaine qui est plongée en plein malaise» et a affirmé avoir pris sa décision «en parfait accord» avec Jean-Michel Aulas. «La loi ne me permet pas (...) de les démissionner et je n'en ai jamais eu la volonté», a t-elle précisé. Toujours selon Le Progrès, cet accord a été signé ce vendredi en fin d’après-midi et cette «mise en retrait temporaire de délégation» devrait durer trois mois.
Véronique Sarselli déplore néanmoins de ne pas avoir été «informée» de l'affaire sur le moment par M. Aulas et Mme Cédat. Elle leur a également reproché de ne pas avoir signalé les faits à la justice et d'avoir «maintenu» en poste ce conseiller «jusqu'à la fin de la campagne».
Des faits qui se seraient déroulés début janvier
Cette crise politique a éclaté après la révélation, mercredi, d'un dépôt de plainte en mai dernier, de la part d'une jeune militante engagée dans la campagne de Jean-Michel Aulas, pour viol par soumission chimique, contre le directeur de la communication du candidat, Romain Abreu. Selon sa plainte, les faits se seraient produits en janvier dans une chambre d'hôtel, et elle en aurait informé le candidat Aulas et certains de ses proches dès février. Selon son avocate, le mis en cause conteste «toute accusation».
Élue en mars à la présidence de la collectivité où elle a succédé à l'écologiste Bruno Bernard, Véronique Sarselli avait réclamé jeudi, au lendemain de la révélation de cette affaire dans la presse, la mise en retrait des trois élus de leurs fonctions représentatives. Cet appel avait été rejeté par M. Aulas, premier vice-président de la Métropole depuis mars en vertu de son alliance électorale avec Mme Sarselli.
Vendredi cependant, l'ancien homme d'affaires s'est mis en retrait de son poste de principal opposant à la ville de Lyon, dirigée par l'écologiste Grégory Doucet, ce qui n'a pas empêché deux conseillers de quitter le groupe municipal «Cœur lyonnais», dont le maire LR du 2e arrondissement, Pierre Oliver.
Au final, comme indiqué dans Le Progrès, dans un message envoyé tard dans la soirée de vendredi, Véronique Sarselli a annoncé retirer temporairement les délégations. Une nouvelle partagée aux autres élus, tout en remerciant les trois vice-présidents «d’avoir pris leurs responsabilités».
«Je suis heureuse que nous puissions désormais sereinement poursuivre nos travaux communs dans le respect de nos engagements de campagne et la sérénité nécessaire à la mise en œuvre de notre projet politique», a-t-elle écrit, ponctuant le message en souhaitant un «bon week-end».