Selon un sondage de l’Institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD, publié ce vendredi 19 juin, 61% des Français se disent favorables à l’élection des procureurs par les citoyens.
Revoir en profondeur le fonctionnement de la justice, c'est une des volontés des Français. Selon un sondage de l’Institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD, publié ce vendredi 19 juin, 61% des Français se disent favorables à l’élection des procureurs par les citoyens.

Si le «pour» l'emporte dans toutes les catégories d’âge, les moins de 35 ans (78%) apparaissent comme les plus favorables, avec des niveaux d’approbation dépassant largement la moyenne nationale. A noter que les 25 à 34 ans sont les plus enclins à une telle mesure avec 80% de «pour». À l’inverse, les 65 ans et plus se montrent davantage réservés (51%) à une élection des procureurs par les citoyens.
Un clivage générationnel qui traduit des attentes différentes vis-à-vis des institutions, les plus jeunes se montrant généralement plus ouverts à des évolutions profondes du système politique et judiciaire.
La France insoumise et la droite largement favorables
En ce qui concerne les catégories socio-professionnelles, les CSP- sont les plus convaincus par le bien-fondé de cette mesure (71%). S’ils se prononcent pour, les CSP+ et les inactifs sont légèrement moins nombreux (51%).
La question fracture davantage l'opinion selon la proximité politique. Sans surprise, l’initiative est largement plébiscitée de l’autre côté à droite de l'échiquier politique. Les sympathisants de droite ont majoritairement répondu «pour» à cette question, à hauteur de 62% pour les sondés proches des Républicains, et 76% pour ceux proches du Rassemblement national, qui fustigent régulièrement l'indépendance de la justice.

À l’inverse, la gauche (53%) se montrent plus divisés, certains exprimant davantage de réticences à l'image des soutiens du Parti socialiste (52%) et des Ecologistes (58%) qui sont majoritairement contre l'élection des procureurs par les Français. Seuls, les sympathisants de la France Insoumise se montrent favorable à gauche à cette initiative avec 72%.
Les chiffres chutent drastiquement quand on interroge les sondés proches de la majorité présidentielle. 58% d'entre eux sont opposés à une mesure qui pourrait fragiliser l’indépendance des magistrats et politiser davantage l’institution.
L'affaire de la petite Lyhanna en toile de fond
Ce résultat intervient dans un contexte où la question de l’indépendance de la justice et du rôle du parquet revient régulièrement dans le débat public depuis le meurtre de la petite Lyhanna.
Le 13 janvier 2026, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a officiellement proposé de relancer la procédure d’adoption de la réforme constitutionnelle modifiant les règles de nomination des procureurs de la République. Actuellement, ceux-ci sont nommés par décret du président sur proposition du ministre de la justice, après un avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
En France, les procureurs de la République sont chargés de représenter le ministère public et de veiller à l’application de la loi pénale. Ils peuvent être saisis après des plaintes ou sur signalement des forces de l’ordre.
L’introduction d’un système électif pour les procureurs marquerait une rupture majeure, en rapprochant le modèle français de celui pratiqué dans certains pays, notamment aux États-Unis.
*Sondage réalisé les 18 et 19 juin par questionnaire auto-administré en ligne sur un échantillon national représentatif de 1.010 personnes âgées de plus de 18 ans, selon la méthode des quotas.