Connu pour être le champion des simulations automobiles et de motos, le studio italien Milestone s'offre une incartade avec Screamer. Un jeu qui se veut l'héritier des jeux de course auto des années 1990, tout en repensant leurs fondements. Voici notre test.
Des accélérations au mépris de tout respect de la physique, des dérapages qui useraient un véritable train de pneus au bout de 300 mètres, des boîte de vitesse si sollicitées qu'elles devraient casser au bout d'un tour... Ne cherchez pas la réalité, bienvenue dans les jeux de course qui faisaient les beaux jours des salles arcade il y a trente ans. Ridge Racer, Sega Rally, Out Run... Tous ces titres invitaient à fendre le vent en prodiguant du fun à l'état pur. Un monde qui fut bouleversé à l'aube des années 2000 lorsque Gran Turismo fit entrer auprès du grand public le concept de simulation automobile.
Si ce dernier genre est depuis devenu la norme à mesure que consoles et PC livraient un réalisme à couper le souffle, certains studios ont toujours nourri une passion pour des jeux plus viscéraux, avec pour seul but de divertir. On pense notamment à la saga Forza Horizon, dont le 6e opus est prévu le 19 mai prochain. Et 2026 compte également un nouveau rival, possédant sa propre personnalité : Screamer.

Disponible sur PS5, Xbox Series et PC, le dernier né des studios milanais Milestone est le fruit improbable d'une envie de liberté chez ses concepteurs pourtant devenus des références en matière de simulation. On leur doit encore récemment l'excellent Ride 6, le nouveau MotoGP26, mais ce serait oublier un peu vite que la course typée arcade est ancrée dans leur ADN depuis leur création avec un certain... Screamer 2. Sorti en 1996, celui-ci s'offre donc un reboot trente ans plus tard et Milestone a vu les choses en grand.
Un véritable anime cyberpunk
Misant sur l'engouement autour des animes japonais et le pays du Soleil Levant, dont l'amour pour le tuning est mondialement connu, Screamer dans sa version 2026 offre une plongée dans un monde automobile futuriste, mêlé à une ambiance cyberpunk dont chaque protagoniste a été pensé pour développer une véritable série digne d'un dessin animé nippon. Milestone s'est d'ailleurs adjoint les services du studio Polygon Pictures pour réaliser de véritables séquences animées en 3D. Studio japonais à qui l'on doit des animes Pokémon, Ajin ou encore une collaboration sur le récent Scarlet et l'Eternité (2026) de Mamoru Osoda.

Il en résulte un titre doté d'un véritable scénario mettant en scène un tournoi où les conflits entre écuries se résolvent lors de courses endiablées au cœur de la ville tentaculaire de Neo-Rey, jusqu'au désert qui entoure cette mégalopole folle aux néons qui ne s'éteignent jamais. Surtout, l'ambiance est principalement portée par un gameplay qui suppose une implication bien plus profonde qu'un titre arcade ne le laisse penser. Si ses concurrents misent sur une prise en main rapide, Screamer se mérite.
Chaque bouton de votre manette est ici mis à contribution, notamment grâce à un subtile, et encore jamais vu, système de dérapages à contrôler via le stick droit du pad. L'idée est alors d'orienter votre bolide dans une courbe avec le stick gauche (comme pour tout jeu de course qui se respect) puis de le faire décrocher en inclinant aussi le stick droit dans le but de s'insérer dans une plus ou moins longue glissade. Déroutant au début, Screamer implique un sang froid et une concentration qui deviennent jouissifs à mesure que les parties s'enchaînent.
On ne s'ennuie jamais au volant des véritables monstres conduits par ces fous du volants, d'autant que Milestone y ajoute un système de boost, mais aussi une jauge qu'il conviendra de remplir pour déclencher la possibilité de devenir un véritable boulet de canon pour détruire vos rivaux. On pense inévitablement à la saga Burnout qui avait fait les beaux jours des fans du genre arcade dans les années 2000, avant de tomber dans l'oubli.
Et Milestone a tout fait pour dépasser cet héritage, afin d'offrir un titre dont le fun bien présent se gagne avec le courage et l'ambition de maîtriser son bolide. Invoquant ses ancêtres comme un hommage, Screamer est un véritable hit porté par un mode «histoire» intéressant qui permet d'acquérir une expérience avec pour but de se dépasser. Magnifique dans son genre, sans être dans l'esbroufe visuelle, il développe son style singulier pour tracer sa route, tout en ajoutant un cocktail de sensations boostées à l'adrénaline.