Benoît Cachin : "Un monstre sacré de la chanson française"

Benoît Cachin, auteur du beau livre "Michel Polnareff - une simple mélodie" paru aux éditions Gründ. Benoît Cachin, auteur du beau livre "Michel Polnareff - une simple mélodie" paru aux éditions Gründ.[ © Sophie Cachin]

Auteur d’une dizaine d’ouvrages sur la chanson française et le cinéma, Benoît Cachin sort "Michel Polnareff - Une simple mélodie". Un beau livre qui, à quelques semaines du grand retour du chanteur français, permet à l’écrivain de revenir sur la vie et la discographie d’un créateur atypique. 

 

Pourquoi sortir un ouvrage sur Polnareff aujourd’hui?

Après 25 ans d’absence, Polnareff revient avec un nouvel album fin octobre. Il nous a paru intéressant de montrer quel compositeur il a été et est encore. Tout le monde connaît au moins un air de Polnareff. Alors qu’il est beaucoup plus rare que quelqu’un comme Johnny Hallyday. Mais il reste charismatique. Il touche toutes les générations.

 

A l’occasion de vos recherches, quel homme avez-vous découvert?

Polnareff est arrogant. Il apparaît très sûr de lui. Mais quand on commence à gratter, on trouve un homme qui doute. Il a toujours donné une image de quelqu’un d’assez désinvolte alors que c’est un fou de boulot.

 

Vous l’appelez «le sale gosse de la chanson française»…

En 1966, il arrive tout frêle, un peu famélique et chante l’histoire d’un garçon qui se fait rembarrer par une nana. Toutes ses chansons parlent de l’amoureux éconduit qui n’a pas de chance en amour. C’est complètement à contre-courant de ce qui se faisait à l’époque, de l’image des yéyés, d’un Johnny, d’un Eddy Mitchell ou d’un Dick Rivers qui sont des garçons plutôt machos, virils. Il annonce les années 1970 en apportant de la pop anglo-saxonne 100 % française. Si avant d’enregistrer ça a été dur pour lui, une fois son premier titre sorti, c’est un raz-de-marée. Il est numéro un pendant 6 ans. Tout ce qu’il sort… Même les faces B de ses 45 tours sont des tubes.

 

C’est un homme qui avait compris le pouvoir de l’image, qui a ouvert la porte aux Daft Punk et autres artistes aujourd’hui qui gèrent leur image au même titre que leur musique…

Dans les années 1970, je ne pense pas qu’on puisse parler de contrôle de l’image pour Polnareff. Je pense qu’il s’amuse. Il est dans la provocation. Que ce soit dans son look ou dans ses chansons. "L’amour avec toi" a quand même été censuré par l’Eglise de France. L’affiche où on voit ses fesses a été censurée par le Syndicat des afficheurs qui ne voulait pas la mettre dans Paris. Aujourd’hui, pour des artistes comme Daft Punk, Stromae, ou même Julien Doré, on peut parler de contrôle de l’image. Mais pour lui, ce n’était pas du calcul. Il n’en avait pas besoin. De toutes façons, il était numéro un ! C’est un des premiers artistes qui a un univers propre ultra reconnaissable, tout de suite identifiable.

 

Que représente-t-il aujourd’hui?

C’est un monument. Un monstre sacré de la chanson française au même titre qu’un Johnny Hallyday. C’est quelqu’un qui a fait beaucoup moins d’albums et qui a eu moins de présences médiatiques mais qui a su, en 7 ans, marqué de son empreinte la chanson française et qui restera dans l’histoire grâce à ses talents de mélodistes. Parce que c’est un très grand mélodiste et sa musique restera.

"Michel Polnareff - Une simple mélodie", de Benoît Cachin, éd. Gründ, 24,95 E.

 

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