Francesco Fioretti : "Une énigme comme point de départ"

Francesco Fioretti est l'auteur italien de "Le livre secret de Dante"[DR]

500 000 exemplaires vendus en Italie depuis sa sortie en 2011, traduit en huit langues … "Le livre secret de Dante", publié par l’Italien Francesco Fioretti, a tout du livre phénomène.

 

Pour l’auteur de ce thriller érudit, qui sort en France, l’univers tortueux de "La Divine Comédie" était idéal pour imaginer un roman historique étonnant aux airs de "Da Vinci Code".

 

Pourquoi faire de "La Divine Comédie" le sujet d’un thriller ? 

Il existe vraiment une énigme dans" La Divine Comédie" (écrite entre 1307 et 1321, ndlr). Mais jusqu’alors, personne ne l’avait résolue. A partir de L’Enfer, Le Purgatoire et Le Paradis, j’ai constitué une énigme numérologique. 

 

Comment a été menée l’enquête ? 

J’ai essayé d’interpréter ce cryptogramme comme un code caché de "La Divine Comédie" et ça fonctionnait. Je pouvais en tirer trois strophes de trois vers de neuf syllabes. Dans ces novénaires était indiqué un lieu en Grèce qui s’appelle Dodone. Là-bas, j’ai trouvé tous les fleuves mentionnés dans L’Enfer de "La Divine Comédie". La seule façon de le mettre en scène était de faire un roman.

 

Quelle est la part de fiction ? 

La plupart des personnages sont réels. Les enfants de Dante mentionnés ont existé. Le code existe. Après, mon interprétation est l’une des 1 644 interprétations possibles.

 

Que sait-on finalement de la famille de Dante ?

Il y a peu de documents. Il a parfois fallu interpréter. Toutefois, concernant ses enfants par exemple, on sait que Pietro a eu une vie bourgeoise, Jacopo celle d’un don juan et que Béatrice était réellement religieuse.

 

Quand le spécialiste s’est-il glissé dans la peau du romancier ? 

Quand j’ai fini d’écrire. Au début,  c’était le spécialiste qui parlait. J’ai dû faire un gros effort pour romancer. J’ai d’ailleurs écrit en cachette. Seule ma femme était au courant. 

 

Que représente "La Divine Comédie" pour un Italien et dans l’histoire de l’art ?

"La Divine Comédie" est un cas unique dans le monde puisque c’est une œuvre littéraire qui a donné naissance à une unité linguistique.  En effet, Dante a  écrit "La Divine Comédie" dans une langue qui est le toscan qui se parlait à son époque et qui est devenue la langue italienne que l’on connait actuellement.  L’événement culturel a précédé l’événement politique.

 

Rendre "La Divine Comédie" accessible tout en proposant un travail fouillé a-t-il été compliqué ? Comment  avez-vous trouvé cet équilibre ?

Je me suis posé cette question. Cela a été difficile. J’ai écrit, réécrit, coupé.  On m’a reproché de ne pas avoir fait un livre de 700 pages mais j’ai eu pitié de mes lecteurs. J’ai vraiment voulu proposer plusieurs degrés de lecture mais qu’aucun ne soit dissuasif. Qu’un lecteur qui ne connaisse rien à Dante puisse entrer dans l’histoire sans être découragé et qu’un lecteur plus familier de l’œuvre s’y retrouve.

 

Vous attendiez-vous à un tel succès ?

Pas du tout. En Italie,  il y a vraiment une scission entre les lecteurs de choses faciles qui se vendent beaucoup et les lecteurs plus snobs. J’ai voulu essayer de créer une littérature intermédiaire qui puisse réunir les deux catégories. Cela a marché.

Le livre secret de Dante, Francesco Fioretti, traduction Chantal Moiroud, HC éditions, 19,90 €.

 

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Le roman en quelques mots :

1321, Dante vient de mourir. Officiellement de la malaria. Mais Giovanni, jeune médecin venu retrouver son maître à penser, nourrit des doutes. La langue noire du mort et la disparition des treize derniers chants du Paradis le poussent à croire que Dante a été empoisonné. Accompagné de sa sœur Bérénice, fille de Dante, rejoint rapidement par un étrange Français chevalier des Templiers, il part à la recherche d’un assassin potentiel et des précieux chants disparus. Sur fond de secrets, de code et d’enquête, ils trouveront bien plus encore.

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