Décès de Margerie : que s'est-il vraiment passé ?

Christophe de Margerie était à bord d'un Falcon-50, lorsque la collision de l'avion avec la déneigeuse a eu lieu. [CC / Alan Wilson/Wikipedia]

Enquêteurs russes et experts français se penchent sur les circonstances de l'accident qui a entrainé la mort de Christophe de Margerie, patron du groupe Total dans la nuit de lundi à mardi, à l'aéroport Vnokouvo de Moscou. Le drame semble être dû à la conjonction de plusieurs facteurs.

 

> Le conducteur du chasse neige en état d'ivresse

Les enquêteurs russes avaient établi mardi que le conducteur du chasse-neige, Vladimir Martynenko, était "en état d'ivresse" lorsque la collision a eu lieu.

L'avocat du conducteur, Alexandre Karabanov, avait d'abord démenti mardi l'accusation des enquêteurs, affirmant que son client n'était pas ivre au moment de l'accident. Il a ensuite affirmé que son client souffrait d'insuffisance cardiaque chronique et qu'il avait pu consommer "quelques gouttes" d'alcool.

Placé en garde à vue pour 48 heures, Vladimir Martynenko s'est exprimé sur les conditions du drame. "J'ai perdu mes repères et je ne me suis pas rendu compte que j'entrais sur la piste de décollage, donc on peut considérer que j'y suis entré", a déclaré l'homme.

"L'avion était en train de décoller, je ne l'ai pratiquement pas vu ni entendu parce que ma machine fonctionnait (et faisait du bruit) et qu'il n'y avait pas de lumière",  a-t-il ajouté, sans qu'il soit possible de déterminer s'il parle des feux de position du Falcon 50 ou de balises lumineuses sur la piste. Le conducteur a conclu : "Et il y a eu le choc."

Vladimir Martynenko doit être présenté devant un juge dans la journée du 22 octobre. Selon la chaîne russe Pervyi Kanal, le conducteur, âgé de 60 ans, travaillait à l'aéroport moscovite de Vnoukovo depuis 10 ans.

 

> La responsabilité des aiguilleurs du ciel mise en cause

Les enquêteurs russes ont également évoqué la responsabilité des aiguilleurs du ciel. Selon Viktor Sorotchenko, le vice-président du Bureau d'enquête pour la sécurité de l'aviation civile russe (MAK), équivalent du BAE français, de telles collisions sont extrêmement rares et ne peuvent survenir qu'en raison d'un manque de coordination entre les différents services de l'aéroport.

"Pourquoi un véhicule se trouvait sur la piste de décollage ? Les aiguilleurs dans la tour de contrôle sont censés veiller à ce que cela ne se produise pas, c'est leur travail", a rappelé à l'antenne de la radio russe Business FM le directeur de l'association d'aviation civile "Aéroport" Viktor Gorbatchev.

Par ailleurs, une source de l'AFP sous couvert de l'anonymat affirme que l'aiguilleur du ciel qui contrôlait le décollage de l'avion de Total était une jeune recrue. "C'est une jeune fille qui avait été embauchée en août", a-t-il indiqué à l'agence. Selon la presse russe, elle sortait tout juste de l'Ecole supérieure de l'Aviation d'Oulianovsk, sur la Volga, et était "stagiaire".

Mais toujours selon la presse, elle opérait toutefois sous l'oeil vigilant d'un contrôleur du ciel réputé, Alexandre Krouglov, connu surtout pour avoir empêché le crash d'un avion en 2007 à Vnoukovo.

 

> De mauvaises conditions météorologiques

D'après Viktor Gorbatchev, le pilote de l'avion aurait pu ne pas avoir vu le véhicule, bien qu'il soit dans la plupart des cas équipé de dispositifs lumineux. D'autant plus que les conditions météorologiques étaient alors mauvaises avec couverture nuageuse, du brouillard et des précipitations.

 

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