Elections de mi-mandat : vote tendu pour Obama

Barack Obama Barack Obama[AFP / ARCHIVES]

Les "midterms" américaines devraient voir la défaite des démocrates. Un revers qui priverait Obama de majorité et paralyserait le pouvoir.

 

Le 4 novembre 2008, il devenait le premier président américain noir aux Etats-Unis, soutenu par une liesse historique. Six ans plus tard, plus impopulaire que jamais, Barack Obama est en passe de devenir un chef d’Etat isolé et sans réel pouvoir, pour ses deux dernières années à la tête du pays.

Appelés aux urnes dès aujourd’hui pour les élections de mi-mandat, les Américains devraient en effet faire perdre la majorité au camp démocrate au Sénat et, dans le même temps, conforter celle des républicains à la Chambre des représentants, conquise en 2010. Car si ce scrutin est, à quelques exceptions près, traditionnellement perdu par le parti au pouvoir, celui de cette année s’annonce plus que jamais comme un vote-sanction.

 

Une défaite annoncée

La campagne du camp républicain pourrait se résumer en un slogan : "Une voix pour les démocrates est une voix pour Barack Obama." Un argument simple qui fait mouche dans une grande partie du pays. Car avec seuls 41 % d’opinions favorables (baromètre Gallup), le président américain est un véritable épouvantail à électeurs.

Si bien que, même côté démocrates, peu sont les candidats à afficher leur soutien au résident de la Maison Blanche, de peur de faire fuir leurs électeurs.

"L’économie du pays ne va pas bien, ou en tout cas la population n’a pas l’impression que la situation s’arrange", explique Olivier Richomme, maître de conférences à l’université Lumière Lyon-2 et auteur de De la diversité en Amérique (éditions Pups). Obama paie également sa gestion floue des crises au Moyen-Orient, ou l’impopularité de l’«Obamacare», son système d’assurance santé mis en place en 2013.

D’autres facteurs renforcent la thèse d’une victoire républicaine. Contrairement à 2008, Obama peine à motiver ses principaux supporters, les classes populaires. Selon le Washington Post, seuls 50 % des Hispaniques le soutiennent (contre 71 % en 2012), et la moitié des électeurs ayant une bonne opinion de lui n’ont pas prévu d’aller voter.

 

Une fin de mandat difficile

Ses deux dernières années de mandat s’annoncent donc difficiles. Sans majorité, le président américain ne pourra pas mettre en place de grandes réformes. L’éventuelle fermeture de Guantanamo, les réformes environnementales ou, plus concrètement, la loi sur la régularisation des immigrés risquent de ne pas voir le jour.

Reste à savoir si le président américain n’avait pas déjà mis ces dossiers au placard. "La Chambre étant déjà aux mains des républicains, cela ne va pas fondamentalement changer la politique du gouvernement, estime Olivier Richomme. D’autant que, dans l’optique de 2016, les élus républicains auront un comportement plus stratégique."

Pour avoir une influence sur la politique du pays, ils devront contourner le droit de veto d’Obama, et donc négocier avec le président. Sans cette cohabitation, on assisterait à une véritable paralysie politique. De quoi faire le bonheur du prochain candidat démocrate, qui pourra repartir à zéro après ces deux années compliquées. 

 

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