Hollande et Merkel à Kiev pour exposer leur plan de paix

Photo d'archives d'Angela Merkel et françois Hollande le 26 juin 2014 lors des cérémonies marquant le 100e anniversaire de la 1ere guerre mondiale, à Ypres [Didier Lebrun / POOL/AFP]

François Hollande et Angela Merkel sont arrivés à Kiev jeudi pour exposer un plan de paix qu'ils soumettront le lendemain à Vladimir Poutine, auquel Washington réclame un engagement concret pour un cessez-le-feu alors que le conflit s'intensifie dans l'est du pays.

 

Le président français et la chancelière allemande devaient rencontrer dans la soirée le président Petro Porochenko pour discuter de leur projet, offensive diplomatique la plus forte à ce jour à ce jour pour tenter de régler un conflit qui a fait plus de 5.300 morts en dix mois aux portes de l'Europe. 

Une déclaration conjointe des trois responsables est attendue. L'initiative des Européens, qui se rendront à Moscou avec la même mission vendredi, intervient au moment où le secrétaire d'Etat américain John Kerry se trouve à Kiev pour discuter avec les autorités pro-occidentales de l'opportunité de livraisons d'armes à l'Ukraine.

Kiev demande depuis des mois aux Occidentaux de fournir des armes pour renverser la situation sur le terrain, où l'armée ukrainienne est en très mauvaise posture face à des rebelles prorusses au moral regonflé par l'enchaînement des victoires militaires et conforté dans leur ambition d'étendre leur territoire.

 

"Nous ne cherchons pas de conflit avec la Russie"

"Il doit y avoir un engagement immédiat à un réel cessez-le-feu", a déclaré M. Kerry lors d'une conférence de presse conjointe avec le président Porochenko."Nous ne cherchons pas de conflit avec la Russie", a dit par ailleurs M. Kerry alors que Moscou et Washington connaissent la pire crise dans leurs relations depuis la chute de l'URSS en 1991.

"Nous voulons une solution diplomatique, mais nous ne pouvons pas fermer les yeux lorsque les chars, depuis la Russie, traversent la frontière et arrivent en Ukraine", a-t-il ajouté."Nous ne pouvons pas fermer les yeux lorsque des combattants russes en uniformes sans insigne traversent la frontière", a-t-il poursuivi avant d'énumérer les mesures visant à mettre fin au conflit qui a fait plus de 5.300 morts en dix mois : retrait des armes lourdes de la ligne du cessez-le-feu, retrait des "troupes étrangères" et respect de la frontière entre la Russie et l'Ukraine.

M. Kerry n'a en revanche rien dit sur d'éventuelles livraisons d'armes létales américaines à l'Ukraine. Washington a longtemps écarté cette idée avant de commencer à l'envisager, selon des responsables américains, en raison de l'importance de l'appui apporté par la Russie aux rebelles.

 

Initiatiative diplomatique

La visite surprise de M. Hollande et Mme Merkel a été annoncée par le président français depuis Paris. "Nous ferons une nouvelle proposition de règlement sur le conflit lui-même, qui sera fondée sur l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Nous irons la discuter avec le président (Petro) Porochenko et vendredi à Moscou avec le président russe", a déclaré M. Hollande. 

"L'option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment", a-t-il ajouté en marquant cependant sa différence avec l'attitude des Etats-Unis : "la France ne rentre pas dans le débat sur la fourniture des armes à l'Ukraine".

"C'est la première fois qu'on voit un débarquement si important à Kiev en une seule journée", a commenté le politologue ukrainien Taras Berezovets. "Merkel et Hollande ont préparé quelque chose pour satisfaire Poutine (...). L'essentiel est que le prix ne s'avère pas trop coûteux pour l'Ukraine", a-t-il ajouté. 

 

L'Otan se renforce

L'Otan et l'UE ont aussitôt soutenu la nouvelle initiative franco-allemande, qui intervient au moment où les combats ont connu un nouveau pic d'intensité ces dernières semaines avec des centaines de morts. Rien que jeudi, les bilans séparés de Kiev et des séparatistes ont fait état d'au moins 24 morts dont 19 civils ces dernières 24 heures.

L'Otan a par ailleurs décidé jeudi de renforcer sa présence sur son flanc est, en approuvant la création d'une nouvelle force de réaction de 5.000 hommes et de six "centres de commandement", qui répondraient à "l'agression" de la Russie en Ukraine, selon son secrétaure général Jens Stoltenberg. 

 

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles