Ukraine : les séparatistes disent avoir retiré leurs armes du front

Un séparatiste prorusse garde une barricade à Marioupol, dans l'est de l'Ukraine.[Daniel Mihailescu / AFP]

Les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont affirmé samedi avoir retiré leurs armes du front dans le cadre de derniers accords de paix et en présence d'observateurs de l'OSCE dont le nombre doit doubler pour surveiller la trêve. 

 

Six observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe présents à Snijné, à 90 km du fief rebelle de Donetsk, n'ont fait aucun commentaire sur ce que les rebelles ont présenté comme "la dernière étape" du retrait de leurs armes lourdes. 

"Aujourd'hui c'est le dernier jour du retrait des armes", a déclaré à la presse un responsable séparatiste Edouard Bassourine. "Nous retirons au total 26 unités de mortier. Elles seront entreposées là ou se trouve déjà le reste du matériel militaire", a-t-il ajouté. 

 

Retrait

Samedi matin huit mortiers de 120 mm ont été emmenés dans une vieille usine de briques qui sert d'entrepôt militaire près de Snijné. L'entrepôt contenait déjà quatre autres pièces d'artillerie lourde.

"Nous avons retiré la totalité de nos armes de la ligne du front. L'Ukraine ne l'a pas encore fait", a renchéri le dirigeant de la république séparatiste de Donetsk Alexandre Zakhartchenko cité par le site officiel séparatiste. 

 

Accords de Minsk

Il a toutefois menacé de faire revenir les armes sur leurs positions si "Kiev ne remplissait pas ses engagements dans le cadre des accords de Minsk" signés le 12 février avec la médiation du président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel et en présence du président russe Vladimir Poutine.

 

Pas de morts, ni blessés 

Interrogé par l'AFP le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a dit "ne disposer d'aucune information" sur le retrait rebelle. "Les observateurs internationaux ne nous l'ont pas encore confirmé", a-t-il ajouté. 

Signe d'une accalmie relative dans le conflit de onze mois qui a fait plus de 6.000 morts, M. Lyssenko s'est félicité du fait que personne n'a été tué, ni blessé dans les rang de l'armée ukrainienne en 24 heures "pour la première fois depuis des mois". 

Selon lui, les positions de l'armée ont été l'objet de tirs d'artillerie rebelle à quatorze reprises en 24 heures près d'Avdiïvka, dans la région de Donetsk.

 

Retrait difficile à contrôler 

L'Ukraine a de son côté affirmé poursuivre le retrait de ses lance-roquettes multiples Ouragan, a indiqué à l'AFP un autre porte-parole militaire Anatoli Stelmakh sans préciser combien de temps ce processus allait encore durer. 

Le retrait des armes qui devrait créer une zone tampon d'une profondeur de 50 à 140 kilomètres, en fonction du type d'équipements, est très difficile à contrôler sur le terrain.  Chargé de surveiller ce retrait, l'OSCE a expliqué à maintes reprises ces derniers jours observer bien "des mouvements" sans pouvoir confirmer qu'il s'agissait bien d'un retrait. 

"Nous réclamons un inventaire des armes qui existent et une liste des routes empruntées et des lieux où ils comptent conserver les armes", avait dit à l'AFP un porte-parole de l'organisation, Michael Bociurkiw.

 

Observateurs internationaux 

Moscou, Kiev et les Européens ont convenu vendredi d'augmenter à mille le nombre d'observateurs internationaux, qui se plaignent toutefois de ne pas pouvoir circuler librement. 

"Tous les acteurs de ce conflit, y compris la Russie", sont d'accord pour renforcer la mission de l'OSCE en Ukraine qui compte actuellement 450 observateurs dont 324 dans l'Est, a annoncé la veille le chef de la diplomatie allemande  Frank-Walter Steinmeier après avoir parlé à son homologue russe Sergueï Lavrov.

 

Débats

Accusée par Kiev et les Occidentaux d'armer les séparatistes de l'Est et d'y avoir déployé des "milliers et des milliers" de troupes régulières, Moscou dément toute implication dans le conflit malgré les témoignages de plus en plus fréquents y compris dans la presse russe de la présence de ses soldats en Ukraine. 

Le débat sur la politique à adopter face à la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne est vif au sein de l'Union européenne divisée entre partisans de la plus grande fermeté -la Pologne, les pays baltes et la Grande-Bretagne- et ceux qui sont les plus mesurés comme l'Italie, la Grèce ou l'Espagne alors que les sanctions économiques qui arrivent à échéance en juillet, doivent être renouvelées d'ici juin.

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