Décès de Samuel Pisar, survivant des camps de la mort

Samuel pisar est décédé à New-York à l'âge de 86 ans. [JACQUES DEMARTHON / AFP]

Samuel Pisar est décédé mardi matin à l’âge de 86 ans à New York. Survivant des camps de la mort, avocat international, il avait également été conseiller de John Fitzgerald Kennedy et écrivain.

 

"Pour que le sang de l’holocauste devienne, selon le mot de Samuel Pisar, le "sang de l’espoir"". Lorsque Jacques Chirac, alors président de la République, reconnait en 1995 pour la première fois la responsabilité de la France dans les crimes commis sous le régime de Vichy, c’est Samuel Pisar qu’il choisit de citer.

Rescapé des camps nazis, Samuel Pisar est devenu avocat international, écrivain, et surtout conseiller du président Kennedy. Cet homme au destin incroyable s’est éteint aujourd’hui à New-York à l’âge de 86 ans.

 

 

Le plus jeune survivant des camps nazis

Né en Pologne, en 1929, il perd son père, David Pisar, en 1941 alors que la Pologne est occupée par les Allemands. Il est alors déporté vers les camps de Majdanek, Auschwitz puis Dachau.

C’est à l’idée de sa mère qu’il doit sa survie : elle lui met un pantalon, le faisant ainsi passer pour un homme, les enfants étant directement envoyés dans les chambres à gaz lors de leurs arrivées dans les camps.

À la fin de la guerre, il étudie aux quatre coins du monde, en Australie, à Harvard aux États-Unis et à la Sorbonne en France, et devient avocat international.

 

Homme dévoué à la mémoire des anciennes générations

Un vote du Congrès en 1961 le fait citoyen américain après avoir servi le président Kennedy en tant que conseiller. Il n’a cessé de parler au nom des disparus.

« Aujourd’hui, survivant des survivants, je ressens une obligation de transmettre les quelques vérités que j’ai apprises lors de mon passage dans les bas-fonds de la condition humaine puis sur quelques-uns de ses sommets », déclarait-il.

« Personne ne peut vivre ce que j’ai vécu sans ressentir le besoin d’alerter les nouvelles générations sur les dangers qui peuvent détruire leur univers, comme ils ont jadis détruit le mien. ».

 

Des hommages envers le plus jeune des rescapés

François Hollande a réagi dans un communiqué à la mort de Samuel Pisar : « Inlassable défenseur des droits de l’homme et de la paix entre les peuples, Samuel Pisar était doté d’un optimiste et d’une force morale inébranlables ».

« Il était l’un des rares survivants très connus avec Elie Wiesel et Simone Veil », a déclaré à l’AFP son ami et président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives en France), Roger Cukierman.

 

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles