Migrants : solidarité sans frontières

Des militants anti-racistes derrière une pancarte "bienvenue aux réfugiés" à Dresde le 29 août 2015 [ROBERT MICHAEL / AFP]

Face à l’inaction des différents gouvernements, les Européens ont pris les devants pour afficher leur solidarité avec les migrants qui affluent.

 

Aux frontières de l’Europe, chaque journée se ressemble. Ce dimanche, l’Allemagne attendait encore 10 000 migrants passés par l’Autriche, et entrés dans l’Union européenne par la Hongrie. Trois pays membres, mais trois façon différentes d’accueillir, ou pas, les réfugiés. «C’est le bazar en Europe en ce moment», a concédé ce week-end le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, exhortant l’UE à "ouvrir les yeux".

Des propos qui illustrent un peu plus l’absence de politique européenne commune sur ce sujet brûlant. Face à cette inaction flagrante des gouvernements, les peuples ont décidé de faire le premier pas.

 

Dons, hébergements, soutien...

Samedi, plus de 10 000 personnes se sont rassemblées dans toute la France pour soutenir les migrants et appeler à l’arrêt des "politiques répressives" à leur encontre. Une mobilisation inédite depuis le début de la crise migratoire, qui a surtout été accompagnée d’actes concrets. Dons d’argents, aide au pour se loger, soutien juridique...

De nombreuses initiatives à travers l’hexagone regroupées sur la plateforme en ligne «Aider les refugies.fr». "Nous avons constaté un véritable élan de solidarité en France, et nous souhaitions la rendre plus visible, aider le passage à l’acte", explique Julien Bayou, co-créateur du site avec Anne-Cécile Mailfert. Et d’ajouter que "tous les profils sont présents sur le site, de l’étudiant parisien à l’agriculteur bio".

 

 

Une mobilisation qu’a également constaté la petite ONG maltaise Moas, responsable d’un bateau de secours au large de la Libye. En moins de trois jours, elle a récolté 1,5 million d’euros de dons, contre un maximum de 10 000 euros par jour auparavant. Outre-Rhin, deux Berlinois ont créé le site Refugee Welcome, qui permet aux Allemands et aux Autrichiens de proposer un logement aux migrants. Une solidarité qui se fait entendre jusqu’au plus hautes instances religieuses, puisque le pape François a demandé hier aux paroisses du continent d’accueillir "une famille" de réfugiés.

 

Les limites de la solidarité

La multiplication des mobilisations n’illustre toutefois pas l’état d’esprit de toute l’opinion publique. Un sondage paru ce dimanche montre ainsi que 55% des Français estiment que le gouvernement ne doit pas assouplir les conditions d’accès au statut de réfugié. Ils sont même 62% à considérer que les Syriens qui fuient la guerre doivent être traités comme des migrants comme les autres.

 

 

En République Tchèque, une pétition qualifiant l’immigration de "menace fondamentale pour la stabilité de l’Europe" avait recueilli samedi une centaine de signatures. Même en Allemagne, pays symbole de la solidarité envers les migrants, des voix s’élèvent pour dénoncer cet afflux historique. Dans la nuit de samedi à dimanche, des affrontements ont eu lieu à la gare de Dortmund ou des neo-nazis attendaient l’arrivée de trains remplis de migrants. Des réaction extrêmes qui trouvent toutefois écho compte tenu de la situation économique du continent. 

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